Alors que l’actualité du moment tourne autour du casting du prochain film autour de Jack Sparrow, la critique de ce dimanche va évoquer un grand film de pirates, un vrai.
Un Dimanche, Une Critique signée Basile de ce 18 avril est consacré à Pirates, le film de Roman Polanski.

Pirates – Sortie le 8 mai 1986
Réalisé par Roman Polanski
Avec Walter Matthau, Cris Campion
Fin du XVIIème siècle: le terrible capitaine Red, illustre forban, dérive en compagnie de son jeune disciple francais, La Grenouille, sur un radeau avec un soleil de plomb et une mer plate. L’avenir parait bien sombre mais, Ô miracle !, un galion espagnol se profile à l’horizon…

Fut un temps où le film de pirates avait la côte et l’attention des studios. Enfin on parle d’une époque assez reculée, celle d’Errol Flynn, des Captain Blood et autres Seahawk. Cinquante ans plus tard, Roman Polanski donnait naissance à un de ses plus grands échecs commerciaux, un véritable gouffre à fric (construction d’un gallion espagnol dans son intégralité pendant deux ans quand même) issu d’un scénario écrit dans les années 70 dont le rôle principal devait revenir à Jack Nicholson.

Et bien qu’importe l’échec, on a là un véritable film de piraterie, une solide aventure riche en humour (ce qui lui a valu une réputation de pantalonnade parodique, à mon avis complètement injustifiée). Oubliez les catastrophiques mièvreries Disneyo-Johnny Deppiennes pour minettes où le summum de la violence est atteint par un coup de pied de cul et où les pirates se bourrent la gueule avec du cidre doux. Chez Polanski ça boit, ça veut violer, ça jure de façon épouvantable, c’est sale et ça pue ! Les séquences d’abordage et de mutinerie sont pleines de bruit et de fureur, on en a pour son argent et on regrette que Polanski n’ait pas fait plus de films d’aventure. Le casting est de haute volée, avec un Walter Matthau en bouillonnant Captain Red (le rôle de sa vie) et un Damien Thomas en ordure espagnole arrogante, à la limite du cabotinage. Pour ne rien gâcher la vf (souvenir d’enfance pour moi) est irréprochable et culte. Un dernier mot sur ce qui est à mes yeux le meilleur aspect « technique » du film : la bande son signée Philippe Sarde. Riche, fantasque, enlevée et mémorable, un monument du genre qui me hante encore aujourd’hui.

Bref, si vous voulez vous faire plaisir avec une vraie aventure, un vrai film de pirates, précipitez vous dessus. Un film chaudement recommandé pour les enfants, parce que rien de tel que d’apprendre à jurer avec le Captain Red. « Qu’on m’arrache les couilles si c’est pas la vérité ! ».

– Basile

3 commentaires

  • Olivier dimanche 18 avril 2010 10 h 47 min

    Bravo pour cette critique ! Suis tout-à-fait d’accord pour la fadeur des Pirates des Caraibes. Vive ce bon vieux cinoche à sensibilité européenne. J’attends avec impatience l’adaptation du Pirates Latitudes de Crichton, en espérant que ce ne soit pas un naufrage

  • ChaOdiz-Padre dimanche 18 avril 2010 12 h 24 min

    Merci pour cet article, qui fait ressurgir pas mal de souvenirs.

    En effet, ce film m’avait marqué quand j’étais plus jeune et quel film !!!
    Le vrai seul film de pirate qui eut cet effet sur moi. Dur d’en trouver d’autres de la même trempe, pour sûr !

    Pas mal de scènes mythiques, et j’ai bien envie de le mater une nouvelle fois, histoire de voir comment a-t-il vieillit :)

    ++

  • kdace dimanche 18 avril 2010 20 h 08 min

    Il est repassé à la télé à Noel il me semble. Ça a plutôt bien vieilli et Walter Matthau est vraiment excellent !

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