Si vous découvrez cette rubrique, sachez que chaque dimanche on vous parle d’un film hors actualité, quelque chose sorti il y a plus ou moins longtemps et qui, dans la plupart des cas, est un coup de coeur qu’on veut partager ou un grand classique sur lequel on a envie de revenir.

Et à un moment où on nous reproche de ne pas aimer le divertissement popcorn, il est bon de rappeler que c’est faux. On pourrait citer les papiers récents de Tintin ou Mission Impossible mais on peut aussi revenir sur une bonne vieille comédie d’action comme celle qui suit, écrite et réalisée par ce génie qu’est Shane Black (créateur de l’Arme Fatale et réalisateur du prochain Iron Man).

Ce 2e Un Dimanche Une Critique de 2012 est consacré à Kiss Kiss Bang Bang.

Kiss Kiss Bang Bang – Sortie le 14 septembre 2005
Réalisé par Shane Black
Avec Robert Downey Jr., Val Kilmer, Michelle Monaghan
Harry Lockhart, voleur en fuite, se retrouve accidentellement au beau milieu d’un casting de polar Hollywoodien. Afin de préparer au mieux son rôle, il fait équipe avec un détective privé sans foi ni loi et une comédienne en herbe. Ils finiront par se retrouver impliqués dans une réelle et mystérieuse affaire de meurtre.

Il y a bien longtemps, dans les années 80, Richard Donner signait la mise en scène d’un film resté dans les mémoires qui lançait un duo de flics incarnés par Danny Glover et Mel Gibson, posant ainsi un pilier du buddy movie. Mais ceci n’aurait pas été possible sans le scénario d’un homme appelé Shane Black, ayant aussi signé les scénarios d’autres films d’actions comme Le Dernier Samaritain et Au revoir à jamais.
Et si le grand public ne sait pas forcément ce que ce type de cinéma lui doit, il possède dans sa carrière un film peut-être un peu moins reconnu mais néanmoins intéressant qui se révèle être sa première réalisation, soutenu par le producteur Joel Silver avec qui il a collaboré auparavant.

C’est par un improbable concours de circonstances que Harry Lockhart (joué par Robert Downey Jr. ), voleur, véritable loser et accessoirement narrateur du film, devient acteur à Hollywood et se retrouve dans une grande fête à Los Angeles où il fait la connaissance de Perry Van Shrike alias Gay Perry (Val Kilmer), détective privé homosexuel qui lui sert de consultant afin qu’il puisse préparer son rôle. Ils croiseront aussi Harmony Faith Lane (Michelle Monaghan), actrice tentant de faire carrière dans cet univers et dont Harry est amoureux depuis longtemps.

Harry, Perry et Harmony se retrouvent immergés dans une enquête tortueuse et complexe où les rebondissements, les coups de théâtre et les événements plus ou moins improbables s’enchaînent, que cela soit vis-à-vis de l’investigation en elle-même ou des scènes d’action auxquelles les personnages doivent faire face. Cependant, en plus de se demander si Harry et Perry réussiront à résoudre cette affaire, la question supplémentaire reste de savoir si Harry arrivera à conquérir le cœur d’Harmony.
Harry se découvre au fil de l’histoire le cran nécessaire pour continuer, d’abord pour impressionner la femme de ses rêves, puis se découvrant un véritable courage. Quand à Perry, malgré l’habitude qu’il prend de traiter Harry d’idiot, il finit par avoir de la sympathie pour lui, les deux personnages développant une complicité.

Le long-métrage est en partie construit sur la base de flashbacks afin d’expliquer tel ou tel élément qui surgit au cours de l’histoire. Loin d’être un simple artifice, ne pas dérouler directement le passé des personnages afin de les révéler au fur et à mesure et les introduire directement dans la trame générale évite une certaine longueur, le récit permettant ainsi d’être plus digeste.
De plus, l’utilisation de la voix-off du narrateur n’est pas seulement ce qui permet de connaître ses pensées, mais un vrai moyen de communication avec le spectateur, créant ainsi une certaine complicité avec lui..

C’est aussi un film qui oscille entre le premier degré et le second. Car si l’affaire à suivre est tout ce qu’elle a de plus sérieuse, un certain recul est parfois mise en place par le biais, entre autres, de l’humour à l’ensemble du récit, généralement servis par des dialogues particulièrement bien écrits, mais sans non plus tomber dans la parodie.
En effet, Kiss Kiss Bang Bang rappelle d’une certaine manière que le spectateur regarde une fiction capable d’auto-critique notamment par l’intermédiaire de son narrateur (et puis n’oublions pas que Shane Black a travaillé sur le scénario de Last Action Hero, film critiquant la construction type du blockbuster). Néanmoins, ce mélange reste homogène et l’on ne ressent pas d’effet patchwork.

Le long-métrage est clairement dans la lignée de ce que l’on appelle le film noir, notamment instauré par l’écrivain américain Raymond Chandler par le biais d’adaptations de ses romans en long-métrages par Hollywood et dont certains de ces films mettent en scène le personnage de Philip Marlowe, archétype du détective cynique et désabusé notamment interprété par Humphrey Bogart dans Le Grand Sommeil (et dont la référence a un auteur imaginaire de romans dont Harmony est fan n’est peut-être pas anodine).

Et pour finir, ajoutons que si vous voulez voir un polar de qualité porté par des acteurs au top de leur forme, Kiss Kiss Bang Bang est fait pour vous

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