Le billet de ce dimanche a une saveur toute particulière. En effet, ce 23 mai, CloneWeb fête ses 8 ans d’existence. Le premier billet daté remonte à 2002 et évoquait les premières photos de tournage de Hulk, d’Ang Lee.
Huit ans après, le site a évolué vers un contenu plus riche et l’équipe s’est aggrandie pour vous proposer plus de critiques. Aujourd’hui on accueille une petite nouvelle, Angéline, qui se lance dans la critique avec un chouette film à la fabuleuse bande originale.
Rien de mieux finalement que de fêter ces huit ans que de la bonne musique. Un Dimanche, Une Critique est consacré à Good Morning England.

Montez le son et cliquez sur “play” avant de lire la critique qui suit

Découvrez la playlist england avec Union Of Sound

 

Good Morning England (The Boat That Rocked) – Sortie le 6 mai 2009
Réalisé par Richard Curtis
Avec Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans, Bill Nighy

On l’avait reconnu et aimé pour toutes ces comédies romantiques tel que Bridget Jones ou encore Love Actually, mais Richard Curtis revient en 2009 avec le pari fou de récréer un phénomène à la hauteur de son dernier bijou de six ans son aîné.

Carl vient de se faire renvoyer du lycée, et sa mère a décidé qu’il irait réfléchir à son avenir auprès de son parrain, Quentin. Il se trouve que celui-ci est le patron de Radio Rock, une radio pirate qui émet depuis un bateau en mer du Nord peuplé d’un équipage éclectique de DJ’s rock and roll. À leur tête se trouve le Comte, un Américain exubérant, véritable dieu des ondes en synergie totale avec la musique. A ses côtés, ses fidèles animateurs : Dave, ironique, intelligent et d’un humour acéré ; l’adorable Simon, qui cherche l’amour ; l’énigmatique Midnight Mark, séduisant et silencieux ; Wee Small Hours Bob, le DJ des petites heures du matin, accro à la musique folk et à la drogue, Thick Kevin, qui possède l’intelligence la plus microscopique du monde ; On-the-Hour John, le chroniqueur des actualités, et Angus “The Nut” Nutsford, qui est sans doute l’homme le plus agaçant d’Angleterre…
La vie en mer du Nord est riche en événements…

Les années 60 représentent une période assez idyllique pour certain(e)s notamment d’un point de vue musical ou encore idéologique. Good Morning England retrace dès lors l’apogée de ces radios pirates qui pullulent sur les ondes et qui ont pour but de défier le gouvernement de l’époque. Le fait que la BBC ne diffuse que 45min de pop-rock par jour va provoquer l’engouement des jeunes pour ces radios off-shore.

Carl, jeune héros de cette histoire, représente cette jeunesse britannique qui sombre petit à petit dans laisser-aller et que l’éducation de cette époque ne tolère pas. Celle-ci, assez stricte, s’oppose totalement à l’ambiance qui règne sur le bateau : Sexe & Rock’n’roll.
Les différents personnages qui cohabitent sur le bateau reprennent tous un surnom qui en est déduit de leur personnalité ou de l’heure laquelle est diffusée leur partie de l’émission comme Midnight Mark qui représente le noctambule de cette joyeuse bande. Tous ces diminutifs retracent une grande famille que l’on pourrait comparer à celle des sept nains compte tenu de la répartition des différentes humeurs et caractéristiques humaines. Le film laisse une place à chacun d’entre eux et à leur histoire respective. On comprend que chaque personnage à son importance dans cet énorme amitié rock’n roll et que l’histoire des uns et des autres sert à former une bonne éducation pour Young Carl. On admire alors la prestation de Bill Nighy (Love Actually, Pirates des Caraïbes..), oncle de Carl et maître de cette embarcation. Ses mimiques et son humour le propulsent d’une façon déconcertante de la joie à la colère en passant sans prévenir par la case petite larme.

Règle d’or sur le bateau : Aucune fille. Seul moment où la gente féminine fait son apparition, elle apparaît comme hystérique et vient apaiser les pulsions sexuelles de ces hommes isolés au milieu de la mer du Nord.
Cette bande de joyeux lurons vit ces aventures charnelles et politiques sur un fond sonore plutôt enjoué, qui nous rend à la limite de l’hystérie des groupies d’autrefois. On aime entendre à nouveau The Kinks, The Turtle remis dans leur contexte de claquements de doigts et de sautillements effrénés. Tout en suivant les aventures maritimes de ces bad guys du rock’n’roll, les différents plans du film laissent place à la population rebelle de cette époque qui se regroupe autour des postes radio pour écouter cette émission dans une sorte de clandestinité. On savoure ces découvertes de vies privées que l’on entrevoit de temps à autre et qui s’entrelacent avec celle du Bateau de Radio Rock. Ces courtes interventions intimes permettent au fur et à mesure du film de suivre l’évolution de cette radio qui s’ancre bien vite dans les foyers (un môme de 10 ans qui écoute ça sous sa couette et même une fille assise sur les toilettes, la radio entre les cuisses) ou encore dans les lieux publics (des infirmières qui se groupent autour de ce minuscule poste de radio).

La réalisation met en avant l’idée d’un immense clip de presque deux heures avec ces enchainements de chansons et de chorégraphies sur le pont du bateau ou même dans la rue : on ne se lasse pas de cette grande playlist des 60’s et de ses faux airs de comédie musicale.

Seul bémol à cette belle symphonie : le scénario. Certes, celui-ci est assez convaincant avec cette histoire de recherche familiale ou même le suspens de cette résistance au gouvernement qui nous tient jusqu’à la fin. Le problème c’est qu’à bord de ce bateau il s’y passe tellement de choses que cela en devient confus. Mais heureusement, tout est bien qui fini bien puisque lorsque le bateau sombre (en nous offrant un léger remix du Titanic version hippie) dans les profondeurs de la mer du Nord, on s’attend forcément (ce qui est un peu dommage) à une happy end (mais à la limite on aime ça..).

L’univers anglais est donc bien au rendez-vous et se dévoile avec des couleurs dignes d’un panorama où y figureraient des vieux clichés issu d’un Polaroïd. On est conquis par ces plans qui mettent en avant l’ère du vinyle (que l’on regrette quand même..) et où les codes vestimentaires prônaient le patte d’eph’ et où les couleurs sont tirées d’une palette de peinture.
On tombe alors sans retenu dans ce bain musical des années 60 pur british et on vote pour le retour de la groupie à frange et aux lunettes sur-dimensionnées.

– Angéline

6 commentaires

  • bastien L. dimanche 23 mai 2010 10 h 25 min

    CLASSE !

  • Olivier dimanche 23 mai 2010 10 h 30 min

    Bon anniversaire Cloneweb, mais il n’y a pas d’erreur quelque part ? Le premier billet en…2008 ? Huit ans après ?

  • Marc dimanche 23 mai 2010 10 h 33 min

    Les archives de 2002 ne sont plus en ligne (et j’ai corrigé l’erreur de date).
    Pour les curieux, quelques anciens bandeaux avec les anciens logos sur Facebook et là :
    http://www.cloneweb-forum.net/viewtopic.php?f=10&t=207&p=26280#p26280

  • tonny stark dimanche 23 mai 2010 12 h 35 min

    joyeux anniversaire a cloneweb le site est vraiment bon en infos sur le cinéma et aussi les liens ( les héros de l’ecran , cinécomics ….) bravo aussi atoute l’équipe et bonne et trééééééééééééés longue continuation

  • The_Geek59 dimanche 23 mai 2010 13 h 51 min

    Joyeux anniversaire à CloneWeb et surtout longue vie à CloneWeb! \o/

  • Zakounet dimanche 23 mai 2010 16 h 04 min

    Joyeux anniversaire et continuez comme ça pour les huit années qui viennent !!

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