Le Docteur Brian Cox, du Centre Européen de Recherche Nucléaire, nous livre quelques explications sur le soleil et fait le lien avec le scénario du film de Danny Boyle. Le réalisateur en effet voulu offrir un film pouvant coller à une certaine réalité…


Le soleil se comporte comme un réacteur à fusion nucléaire de la taille d’un million de fois la Terre. Il s’agit d’une étoile de la troisième génération, apparue il y a environ 4,5 milliards d’années, à une période où l’univers avait déjà 9 milliards d’années d’existence : entre-temps, deux générations d’étoiles avaient eu le temps de naître et de disparaître. Le soleil, de même que les planètes du système solaire, sont composés de nuages géants de poussière et de gaz libérés dans l’espace au cours de l’extinction des premières étoiles.
Si le soleil nous semble être d’une importance primordiale, il n’est que l’une des cent milliards d’étoiles de notre galaxie – et il existe au moins cent milliards de galaxies dans l’univers… Le soleil n’a donc rien de particulièrement remarquable.
D’ailleurs, il n’est pas éternel. D’après nos calculs, ses réserves en hydrogène devraient lui permettre de durer encore 5 milliards d’années. Mais pourrait-il disparaître bien plus tôt, d’ici un siècle par exemple ? D’un point de vue scientifique, c’est tout à fait improbable. Mais il n’en reste pas moins que l’univers ne nous a pas encore livré tous ses mystères. Depuis quelques années, les astronomes ont remarqué qu’il existe une matière dans l’univers qu’on ne peut percevoir qu’à travers son influence gravitationnelle sur les étoiles et les galaxies : on l’appelle “matière noire” et elle est cinq fois plus abondante que la matière ordinaire qui constitue les êtres humains, ainsi que les étoiles et les planètes qu’on observe au télescope.

De quoi s’agit-il ? Il est possible – et même probable selon certains scientifiques – que cette matière soit composée de particules dites “supersymétriques”. Les physiciens théoriques ont consacré plusieurs années à l’étude des propriétés de ces particules et sont parvenus à une compréhension plutôt satisfaisante de leur “comportement”. Elles pourraient ainsi s’agréger et former des boules géantes connues sous le nom de “Q-balls”. Si cette théorie est exacte, ces étranges phénomènes pourraient être apparus en quelques milliardièmes de seconde après la naissance de l’univers et pourraient continuer de le parcourir aujourd’hui. On estime que si une Q-ball pénètre le cœur d’un objet super dense comme une étoile à neutrons, elle pourrait alors la ronger de l’intérieur comme un cancer jusqu’à ce que l’étoile perde sa masse et explose.
On observe de telles explosions -appelées “sursauts gamma” – dans l’univers, bien qu’on en ignore encore l’origine. Les Q-balls pourraient-elles s’introduire au cœur du soleil et l’empêcher de briller ? On estime que le soleil est beaucoup trop diffus pour faire barrage à une Q-ball : elle le traverserait sans dommages. Mais il est toutefois possible qu’une forme de matière très ancienne s’accumule au cœur du soleil et perturbe son fonctionnement normal : le scénario catastrophe de Sunshine serait alors une réalité… C’est un peu tiré par les cheveux, mais nous pensons, en physique, que toute hypothèse qui n’a pas été explicitement écartée reste dans le domaine du possible. Et donc, en dernière analyse, personnene peut trancher avec certitude.


Les images utilisées pour illustrer cet article proviennent du site web de la NASA

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