Chaque semaine, on lit -même sur CloneWeb- que les plannings des sorties cinéma sont plein à craquer. Il faut savoir que pour beaucoup il s’agit de vieux films restaurés qui ressortent dans vos salles.

Souvent cachés au fin fond des plannings, ne bénéficiant que de peu de promo, ils méritaient d’être mis en lumière régulièrement. Le plaisir de redécouvrir un film en salle est tel qu’il serait dommage que vous passiez à coté d’un John Carpenter ou d’un Jacques Tati à quelques kilomètres de chez vous. C’est pourquoi David, qu’on accueille chaleureusement, lance “Keep Calm & Watch Old Movies” dont la première partie est consacrée aux sorties de juillet. Il reviendra dans quelques semaines sur ce qui se passera en août.

Et si votre cinéma ne passe habituellement pas de ressorties, n’hésitez pas à en solliciter le personnel pour ne pas passer à coté.

 

Tu es un cinéphile exigeant ? Tu attends désespérément de pouvoir découvrir à la rentrée les films découverts par une poignée de journalistes chanceux lors de la quinzaine cannoise ? Tu te contre-fiches comme de l’an 40 des blockbusters pétés de thunes et des long-métrages de fond de catalogue balancés par les distributeurs pour combler leur planning de sorties en cette période creuse ? Ne désespère-toi, cinéphile !
Comme pour chaque période de vacances estivales, des distributeurs courageux exhument de grands classiques ou des petites perles méconnues du cinéma européen et américain, dans le but de proposer une véritable programmation alternative à destination de ta salle obscure préférée. Et les festivités s’annoncent extrêmement sympathiques, avec entre autres du Hitchcock, du chef d’oeuvre italien, la filmographie complète d’un réalisateur-acteur mésestimé du cinéma français, le premier grand film d’un des plus importants réalisateurs du cinéma fantastique et d’horreur, du grand patrimoine de notre douce France, et une perle méconnue du thriller paranoïaque à découvrir de toute urgence. Nostalgiques et amateurs de vieilles bobines, accrochez vos ceintures : C’EST PARTI !

 

Le 25 juin, Carlotta nous propose une production US oubliée d’Ivan Passer, CUTTER’S WAY ou LA BLESSURE pour sa première sortie salles et son édition DVD. Thriller psychologique réalisé au tournant des années 80, le film narre l’histoire de deux amis (Jeff Bridges et John Heard), l’un traumatisé par le conflit au Viet-Nam, l’autre témoin et principal suspect d’un meurtre, qui décident de mener l’enquête et ainsi, tentent de faire leur rédemption dans une Amérique victime de nombreux traumatismes. Un thriller paranoïaque et crépusculaire à redécouvrir en version restaurée.

Vous aurez la possibilité de revoir à cette même date un grand classique d’Elia Kazan, UN TRAMWAY NOMME DESIR, avec Vivien Leigh et Marlon Brando. Adaptation de la célèbre pièce de théâtre de Tennessee Williams, un film mythique qui annonce l’irruption des pulsions sexuelles dans le cinéma hollywoodien et fait acte de naissance du style « Actor’s Studio », s’appuyant sur une recherche psychologique très approfondie de la part des comédiens, méthode de travail dont Brando en est l’un des plus illustres représentants.

 

Le 2 juillet, 3 classiques, chacun à leur manière !

La séance pour Dragons 2 est bondée ? Vous pensez que la nouvelle production Dreamworks Animation peut bien attendre ? Alors, proposez à vos chères têtes blondes un classique du merveilleux et du conte de fées à la française : le mythique PEAU D’ÂNE de Jacques Demy, adaptation du conte de Charles Perrault, avec Catherine Deneuve, Jacques Perrin et Jean Marais. Par son esthétique très colorée, ses chansons que vous fredonnerez encore 8 jours après la projection du film, le long-métrage est, au côté de LA BELLE ET LA BÊTE de Jean Cocteau, un grand représentant de l’enchantement Made In France.

Envie d’offrir une soirée romantique à votre compagne, qui en a plus que ras-le-bol des soirées football lors de la Coupe du Monde au Brésil ? Alors, emmenez-la voir un classique de la comédie romantique, SABRINA de Billy Wilder, avec Humphrey Bogart et Audrey Hepburn. Une variation moderne du mythe de Cendrillon, remarquablement écrite mise en scène par un grand maître de la comédie à l’américaine, avec une Hepburn plus radieuse et irrésistible que jamais, accompagné d’un Bogart qui a toujours la classe, quoi qu’il arrive.

Enfin, en ce 2 juillet, les amateurs de cinéma plus pointu pourront redécouvrir un classique du néo-réalisme italien, STROMBOLI de Roberto Rossellini, avec Ingrid Bergman dont c’est la première collaboration avec le metteur en scène ; l’histoire d’une réfugiée lituanienne retenue dans un camp de prisonniers en Italie au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, qui se marie avec un homme qu’elle n’aime pas et se retrouve sur l’île du volcan Stromboli, aux habitants superstitieux et méfiants envers les étrangers. Un long-métrage qui a surout attiré la presse internationale pendant son tournage pour sa relation extra-conjuguale entre le réalisateur et son actrice principale.

 

Le 9 juillet, on accélère la cadence : pas moins de 5 rééditions !

Tout d’abord, Swashbuckler Films, après avoir exhumé le méconnu DRESSE POUR TUER de Samuel Fuller, continue son entreprise de restauration et de redécouverte de films méconnus provanant de grands réalisateurs avec LE PRÊTEUR SUR GAGES de Sidney Lumet. Le film narre l’histoire de Sol Nazeman (Rod Steiger), rescapé de la Shoah, ayant quitté l’Allemagne et vivant désormais à Harlem où il exerce le métier de prêteur sur gages. Devenu un homme froid, sans émotion, en fait accablé par les souvenirs des camps, il sait qu’il a besoin d’un électrochoc pour revivre. Une œuvre charnière dans la carrière de Sidney Lumet, se mettant volontiers à l’expérimentation visuelle par l’utilisation de courtes focales renforçant l’aspect cauchemardesque de son long-métrage. Ce dernier est d’ailleurs un des premiers évoquant l’Holocauste du point de vue d’un survivant, et mettra plus de 3 ans à sortir pour des problèmes de censure, du fait de sa violence et sa crudité.

Action Cinémas nous propose, lui, le beaucoup plus léger L’IMPOSSIBLE MONSIEUR BEBE, grand classique de la comédie américaine réalisé par Howard Hawks avec Katharine Hepburn et Cary Grant. Le film est rattaché plus spécifiquement au genre de la « screwball comedy », consistant à enchaîner à un rythme trépidant situations loufoques et dialogues percutants ; c’est bien simple, le film commence à un rythme dingue… pour ne jamais s’arrêter et accélérer ! Incroyable que ce film datant de 1938 arrive encore à rivaliser avec 90% des comédies actuelles, un exploit que seul Howard Hawks pouvait surmonter après le déjà grand LA DAME DU VENDREDI.

Film beaucoup moins connu que nous propose Les Acacias, DOMMAGE QUE TU SOIS UNE CANAILLE d’Alessandro Blasetti s’inscrit dans une démarche plus sociale. En effet, le film met en scène Paolo, chauffeur de taxi, tombant amoureux de la troublante lina, après que cette dernière ait tenté de le voler. A la manière des films de Dino Risi et Ettore Scola, ce film scrute les problèmes sociaux de l’Italie de la fin des années 1950. A noter qu’il s’agit de la première rencontre cinématographique entre Marcello Mastroianni et Sophia Loren.

Shellac Films contribue à la redécouverte d’un cinéaste aujourd’hui un peu oublié, René Allio, à travers la diffusion de 2 de ses films : LA VIEILLE DAME INDIGNE, dans lequel Madame Bertini décide de partir à l’aventure après la mort de son mari, et RUDE JOURNEE POUR LA REINE, l’histoire d’une femme de ménage (Simone Signoret) perdue dans ses cauchemars et fantasmes qui lui feront vivre une triple journée à diverses époques.

Enfin, terminons avec Splendor Films qui nous propose un film important de la carrière de Joseph L. Mankiewicz, CHAÎNES CONJUGUALES, critique sociale des rapports entre hommes et femmes et du rêve américain à travers le portrait de 3 amies qui reçoivent une lettre d’une quatrième femme que toutes trois connaissent, déclarant avoir profité de la situation pour partir avec le mari de l’une d’entre elles… sans préciser lequel ! L’occasion pour chaque protagoniste de revoir les différentes étapes de sa vie de couple.

 

A partir du 16 juillet, vous pourrez (re)découvrir un véritable mythe du cinéma mondial, le film qui a marqué un tournant dans la carrière de son réalisateur : LA DOLCE VITA de Federico Fellini, grande fresque de près de 3 heures au sein de la « jet set » et des « people » de Rome, vus à travers les yeux d’un jeune chronique dans un journal à sensations, interprété par Marcello Mastroianni. Palme d’Or du Festival de Cannes 1960, un film qui fit l’effet d’une bombe dans le paysage cinématographique italien.



Une autre Palme d’Or, celle de 1984 cette fois, à revoir sur grand écran : PARIS, TEXAS, plus célèbre film de la carrière du réalisateur allemand Wim Wenders ; un road-movie prenant pour cadre les grands espaces américains, porté par la musique inoubliable de Ry Cooder, dns lequel Harry Dean Stanton retrouve son frère (Dean Stockwell, Al de la série TV CODE QUANTUM) et entame avec lui un périple vers la ville de Paris, Texas, où ses parents l’auraient conçu.



Le 16 juillet, commence également le grand événement rétrospectif organisé par Carlotta : une ressortie salles de l’intégralité de l’oeuvre de l’acteur-réalisateur Jacques Tati, plus connu pour son personnage de Monsieur Hulot, longtemps mésestimé en France mais en réhabilitation depuis maintenant quelques années. Après la ressortie en DVD et Blu-ray en février dernier chez Studio Canal, retrouvez en salles PlayTime, grand œuvre de son acteur-réalisateur, parfois à la limite de l’expérimental, aux ambitions artistiques monumentales pour l’époque. Nous reparlerons des autres films de Tati lors de leur ressortie le 30 juillet.



 

Après l’édition DVD et Blu-ray de son premier film, Dark Star, en fait film de fin d’études, redécouvrez dès le 23 juillet les véritables débuts cinématographiques du grand maître du fantastique et de l’horreur : ASSAUT. Cette histoire d’assiégés dans un commissariat de police désaffecté, attaqués par des assaillants quasi-invisibles annonce toute la filmographie de « Big John » Carpenter et contient déjà tout son style de mise en scène qu’il approfondira au fur et à mesure de sa carrière.



Sinon, pour les amateurs des grands classiques du cinéma français, le mythique JEUX INTERDITS de René Clément vous est proposé par Dulac Distribution. Un grand classique que l’on ne présente plus, dont le thème principal a été mille fois massacré par de jeunes guitaristes en herbe.


https://www.youtube.com/watch?v=ZpiiAFbTJV0

Paradoxe : le meilleur film que vous verrez cet été 2014 est un long-métrage… de 1966. En effet, la petite société Lost Films, dirigée par Marc Olry, après avoir déjà ressorti en salles l’été dernier LA FILLE DE RYAN de David Lean dans une copie fabuleuse, propose pour sa ressortie estivale SECONDS ou L’OPERATION DIABOLIQUE, chef d’oeuvre méconnu du mésestimé John Frankenheimer. Très difficile à voir pendant de nombreuses années, depuis restaurée avec talent par la société Criterion puis éditée en DVD et Blu-Ray par cette dernière, cette variation du mythe de Faust raconte l’histoire d’un banquier déçu par son existence, signant un pacte avec une organisation secrète qui lui offre une seconde chance, et ainsi la vie dont il a toujours rêvé. Un thriller paranoïaque, porté par un Rock Hudson dans un rôle à contre-emploi, mis en scène de façon prodigieuse par un Frnkenheimer très (trop?) en avance sur son temps. Sachez que les 10 dernières minutes sont peut-être parmi les plus belles, les plus intenses que vous verrez sur un écran cette année. Une ressortie à ne pas rater !



 

Du côté des rééditions DVD et Blu-Ray, quelques infos très intéressantes. Studio Canal propose 2 films de la fin de carrière de notre De Funès national, L’AILE OU LA CAISSE et LA SOUPE AUX CHOUX, tous deux en DVD et BR. Carlotta, déjà très présent cet été dans les ressorties salles, se permet également d’upgrader en HD 2 titres de son catalogue : le célèbre CRIA CUERVOS de Carlos Saura et SA MAJESTE DES MOUCHES, adaptation du célèbre roman par Peter Brook. Pathé, de son côté, édite en Blu-Ray 2 longs-métrages de Jacques Deray : BORSALINO & Co. Et LE GANG, ainsi que LE DESERT DES TARTARES de Valerio Zurlini. Filmedia comble les admirateurs de John Huston en éditant AFRICAN QUEEN sur les deux supports. Enfin, pour les spectateurs ne pouvant se rendre à la rétrospective Jacques Tati, MON ONCLE et PLAYTIME ressortent aussi en DVD et BR chez Studio Canal.

Pour terminer ce programme plutôt bien riche, signalons du 05 au juillet prochain, le festival Paris Cinéma, qui propose plusieurs séances de grands classiques en copie restaurée ; retrouvez tout le programme sur http://www.pariscinema.org/
Si vous n’êtes pas parisien, sachez qu’un programme gargantuesque vous attend à La Rochelle, qui propose comme tous les ans son Festival international du Film, dont les festivités vous sont présentés en détail ici.

Pour finir, la Cinémathèque Française, toujours un endroit à surveiller pour découvrir plusieurs raretés, propose deux rétrospectives durant cet été : l’iconoclaste Jean-Pierre Mocky et Kinji Fukasaku, qui révolutionna le cinéma policier japonais.

Et voilà ! Qui a dit que vos salles de quartier prenaient des vacances l’été ? Et ce n’est pas fini, rendez-vous dans un peu moins d’un moins pour les festivités du mois d’août !

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