Pas si évident de deviner qui allait être récompensé aux Oscars.

Prenez la catégorie “meilleure actrice” par exemple. Fallait-il donner la statuette à Emmanuelle Riva pour Amour ? A la jeune incroyable Quvenzhané Wallis alors qu’elle n’a que 9 ans et un seul rôle à son actif ? Ou à Jennifer Lawrence, très bonne douée dans Happiness Therapy, certes, mais surtout poussée par les frères Weinstein ? (sans parler du melon qu’elle avait déjà et qui ne fera qu’enfler)
Finalement, c’est un palmarès assez éclectique auquel on a eu droit, récompensant un peu tout le monde.

Si vous n’êtiez pas au rendez-vous ici ou sur Twitter pour suivre le live, voici le debrief, le palmarès et quelques images de la nuit.

Et bien mes amis, quelle soirée. What a night comme on dit là-bas ! Cette nuit, une partie de la team CloneWeb, Jean-Victor et moi-même- avons veillé pour assister à la 85ème cérémonie des Oscars. Armés de pizzas et de bières, nous avons commencés la soirée en se souvenant avec amertume des Césars de vendredi soir. Souvenez-vous, cette soirée où le malaise était le maître mot, où les vannes sur Depardieu n’ont pas fait mouche, où le président Jamel Debbouze comme le maître de cérémonie n’en avaient absolument rien à carrer, où on avait pu deviner aisément le palmarès dès l’annonce des nommés. Bref une cérémonie qui sentait bon la naphtaline et le paluchage inter-Canal +. Et on doit bien vous avouer que la soirée de dimanche soir n’a pas commencé sur les chapeaux de roues.
Minuit, le match terminé, Canal + ouvre le bal avec Laurent Weil et Didier Allouch, visiblement toujours décidé de rester dans les moments embarrassants de l’avant-veille au théâtre du Chatelet. Humour douteux, photobomb de caméra, lisant ses textos, constamment dans le champs des caméras pour les quelques pauvres interviews qu’ils ont eu, les deux idiots alpaguaient les acteurs comme des poissonniers en criant à tout va “Vive la France” ou “Monsieur Jackman, Monsieur Jackman, un mot pour la France”. Le tout entrecoupé de commentaires idiots et bien souvent erronés (si Canal + veut nous envoyer sur place l’année prochaine, promis, on fera mieux le boulot). On retiendra quelques moments, comme celui de Ben Affleck venu leur faire un câlin en les remerciant pour le César. Le calvaire passe doucement et laisse place ENFIN à la cérémonie.

Deux heures du matin, Seth MacFarlane arrive et la cérémonie peut commencer. Cette année, le thème ? Les comédies musicales de ces 10 dernières années. Un choix discutable quand on voit la production de la décennie (on retiendra Chicago, Moulin Rouge et ensuite ?), mais au moins, ça nous promettait un bon show. Ce à quoi le créateur de Family Guy s’est attelé. Pour ce faire, il a été aidé par rien de moins que William Shatner en Capitaine Kirk, qui revenait du futur pour lui montrer à quel point la cérémonie allait être pourrie. S’enchaîne alors une petite série de sketch musicaux que je vous laisse découvrir juste en dessous. Mais dans l’ordre, on a : “We saw your boobs”, chanson énumérant les topless des actrices de la salle, des pas de danses de Channing Tatum et Charlize Theron, la scène d’intro de Flight avec des chaussettes, Joseph Gordon Levitt et Daniel Radcliffe en train de chanter -et danser !- et le tout se clôturera sur un petit numéro musical, histoire de bien mettre l’ambiance. Les vannes de Seth ont également fait mouche à chaque fois (dès les 30 premières secondes, il a fait avoir un fou rire à Tommy Lee Jones), ne laissant pas de côté certaines piques un peu limite, à l’image de Family Guy ou Ted. La soirée a ensuite pris son rythme de croisière mais n’est pas restée sans surprise. Pour le meilleur et le pire.

Au niveau des prestations de chacun, on retiendra Catherine Zeta Jones venue interpréter un morceau de Chicago, Adèle toujours parfaite, et surtout Shirley Bassey venu interpréter en live Goldfinger pour les 50 ans de James Bond. En revanche, on ne retiendra pas la cacophonie des Misérables en direct (qui a dit “à l’image du film” ?) et Barbra Streisand, revenue d’entre les morts. Ted est également venu remettre un prix, accompagné de Mark Wahlberg, tout comme les Vengeurs, Jean Dujardin (qui a bien amélioré son anglais depuis la dernière fois) ou Dustin Hoffman et Charlize Theron. Après une cérémonie en demi-teinte l’année dernière, on peut aisément dire que celle-ci a remonté le niveau.

Mais c’est surtout au niveau du palmarès que la surprise a été au rendez-vous. On s’attendait bien sûr à Rebelle pour le meilleur film d’animation, Paperman pour le court métrage d’animation, Anna Karenine pour les costumes, Amour pour le film étranger, Les Miz pour le maquillage et le montage son ou encore les effets spéciaux pour Life of Pi. Ce dernier a également été primé, contre toute attente, de la meilleure photographie, Skyfall partant largement favori. Double Oscar pour le montage son puisqu’il a été donné à égalité à Zero Dark Thirty et Skyfall. Pour son deuxième rôle avec Tarantino, Christoph Waltz repart encore une fois avec l’Oscar du meilleur second rôle et un discours très touchant. EVIDEMMENT, Anne Hathaway a eu son Oscar pour ses 15 minutes dans Les Misérables (*rires de sitcom*). Dans les choses auxquels on s’attendait : Daniel Day-Lewis très drôle et très touchant est venu récupéré son dû (qui d’autres que lui aurait pu être sacré meilleur acteur vu la performance exceptionnelle qu’il livre), et Argo pour sa meilleure adaptation. Et c’est à partir de là que ça se gâte. Amour n’a pas eu le scénario originale mais c’est Django Unchained de Quentin Tarantino qui l’a eu. Contre toute attente, Ang Lee a été sacré meilleur réalisateur, et les deux plus gros étonnement de la soirée : Jennifer Lawrence meilleure actrice et Argo meilleur film. Les trois discours étaient d’ailleurs superbes.

En somme, tout le monde a plus ou moins été récompensé. On regrette franchement en revanche (ok, ça m’a même très énervé) l’Oscar pas vraiment mérité de Lawrence sur Happiness Therapy, surtout quand on voit le rôle de Jessica Chastain en face, et on est un peu déçu d’avoir Argo en meilleur film et non pas Zero Dark Thirty (ou Lincoln). Par contre, on ne peut que se réjouir du vent monumental que s’est pris Les Misérables, à juste titre. Un show assuré, un maître de cérémonie très drôle, un beau palmarès. Et ça fait plaisir.

Le palmarès est là :

Meilleur film : Argo de Ben Affleck

Meilleur acteur : Daniel Day Lewis pour Lincoln

Meilleure actrice : Jennifer Lawrence dans Happiness Therapy

Meilleur réalisateur : Ang Lee pour L’Odyssée de Pi

Meilleur scénario original : Quentin Tarantino pour Django Unchained

Meilleure adaptation : Chris Terrio pour Argo

Meilleure chanson : Skyfall par Adèle

Meilleure musique : Mychael Danna pour L’Odyssée de Pi

Meilleure actrice dans un second rôle :Anne Hathaway pour Les Misérables

Meilleur acteur dans un second rôle :Christoph Waltz dans Django Unchained

Meilleur décor : Lincoln

Meilleur montage : Argo

Meilleur montage son : Zero Dark Thirty et Skyfall

Meilleur mixage son : Les Misérables

Meilleur film étranger : Amour de Michael Haneke

Meilleur documentaire : Sugar Man

Meilleur court-métrage documentaire : Inocente

Meilleur court-métrage de fiction : Curfew

Meilleur maquillage et coiffure : Les Misérables

Meilleurs costumes : Anna Karenine

Meilleurs effets spéciaux :L’Odyssée de Pi

Meilleure photographie : Claudio Miranda pour L’Odyssée de Pi

Meilleur long-métrage d’animation : Rebelle

Meilleur court-métrage d’animation : Paperman

2 commentaires

  • Yota mardi 26 février 2013 12 h 42 min

    L intervention sur les effets speciaux de life of Pi, coupee malheureusement, sur le fait que R

  • Paul lundi 25 février 2013 12 h 18 min

    Le problème de Lawrence c’est quelle a eu son oscar trop tôt, pas rapport à la qualité démente des films de Chastain en général

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