Critique : X-Men Apocalypse

« Mutants and proud ». Mutants et fiers, fier comme l’est Brian Singer des personnages qu’il a porté à l’écran il y a de nombreuses années maintenant et qui ne disparaitront que pour laisser place à une nouvelle génération.

Une dernière fois, le réalisateur réunit devant sa caméra Jennifer Lawrence, James McAvoy, Michael Fassbender pour faire face à … Oscar Isaac.

 

LA CRITIQUE

La saga X-Men est une des pierres d’achoppement du cinéma super-héroïque actuel, l’autre étant sans doute la trilogie Spider-Man de Sam Raimi. Après avoir propulsé les mutants au sommet dès les années 2000, Bryan Singer a su maintenir à flot une saga qui a failli plonger par deux fois, lors de la reprise de The Last Stand par Brett Ratner et lors du spin off dédié aux origines de Wolverine. Le point d’orgue de tout cela était Days of Future Past sorti en 2014. Cette année, et quinze ans après le premier volet, Singer boucle la boucle en concluant deux trilogies. Et si Apocalypse n’est pas aussi puissant que son prédécesseur, il n’en reste pas moins un divertissement de belle tenue.

Apocalypse s’ouvre sur un plan ressemblant à la scène post-générique de Days of Future Past, quelque part en Egypte Antique. On découvre En Sabah Nur, le premier des mutants, dont l’origine n’est pas contée. On sait juste qu’il est d’une puissance incroyable, transformant en poussière n’importe quoi (ou n’importe qui) rien qu’en y pensant et qu’il a besoin de se transférer régulièrement dans un nouveau corps. Mais suite à un incident, Apocalypse disparait pour ne réapparaitre qu’en 1983 quand le monde n’est plus « gouverné que par des faibles » et il est bien décidé à reprendre le contrôle. De l’autre coté de la planète et alors que l’école des mutants du Professeur Xavier commence à prendre vie, Mystique que la planète voit désormais comme une héroïne vit à l’écart des humains et cherche à sauver ses congénères. Quand à Magneto, il a fondé une famille de l’autre coté du mur de Berlin.

Comme on va s’en douter, tout ce petit monde va devoir s’unir (ou trouver son camps) face à Apocalypse qui, lui-même, s’entoure des Quatre Cavaliers en guise garde rapprochée. Outre quelques nouveaux personnages, ce sera un prétexte pour Singer d’évoquer les mutants qu’il aime. Et comme il le montre pendant 2h30, il aime profondément les X-Men et les films qu’il a tourné. Apocalypse lui permet donc de ré-introduire les versions jeunes des héros de la première génération (et en particulier Cyclope et Jean Grey) bouclant ainsi la boucle, et même si les incohérences chronologiques sont légion. Singer n’aime pas X-Men 3, le seul auquel il n’a pas contribué puisque parti chez Warner Bros faire Superman Returns, et il le fait sentir. Il se sert de son film pour réintroduire à sa sauce certains personnages (dont Angel) et va même jusqu’à faire dire à l’un des personnages sortant d’un cinéma que les troisièmes volets de saga sont souvent les plus mauvais.

Comme si tout le monde sentait que ce film serait le dernier, les équipes techniques se donnent à fond. Les scènes d’actions sont riches et Bryan Singer déborde d’idées pour sa mise en scène, que ça soit dans l’utilisation de Diablo (souvenez-vous de la scène d’intro du deuxième film, à la Maison Blanche) ou dans celle de Quicksilver pour une incroyable séquence de destruction mise en images sur la musique de Eurythmics (!). Même John Ottman se fait plaisir et se lâche en employant des chœurs grandiloquents.

Pourtant, X-Men Apocalypse n’est pas sans défauts, à commencer par l’écriture de son grand méchant. En Sabah Nur revient avec l’envie de conquérir le monde mais se contente de détruire des batiments emblématiques de par le monde pour se construire un temple et ne se focaliser que sur une chose : transférer son corps dans un autre pour en absorber les mutants. Certes, il est puissant et les amateurs de « destruction porn » à la Zack Snyder en auront pour leur argent mais on aurait aimé voir d’autres choses à l’écran. On aurait aimé sentir une vraie menace pesant sur les humains, ce qui aurait été l’occasion de montrer que les X-Men ne sont pas juste des mutants se querellant contre d’autres mais peuvent aussi faire office de véritables super héros et sauver des vies humains. Ajoutons à cela un montage parfois un peu bordélique, surtout dans la première partie où le temps semble s’écouler différemment selon le personnage suivi, et un rythme qui commence trop en douceur pour ensuite véritablement s’affoler et vous comprendrez pourquoi cet ultime aventure de Charles Xavier n’est pas aussi réussie que la précédente. Il peut même en résulter un sentiment de frustration : on s’attendait, de part le méchant choisi, un film encore au dessus des autres. Ce n’est pas le cas mais ça n’enlève rien aux qualités de ce nouvel X-Men.

Malgré ses défauts, X-Men Apocalypse reste un divertissement de qualité. Bryan Singer et son comparse Simon Kinberg font du bon boulot pour préserver l’esprit des comics (la bataille finale semble d’ailleurs sortie tout droit d’une version papier) et bouclent honorablement une saga globalement réussie. Quand en face on n’est pas capable de filmer correctement deux gus en lycra, le résultat ici fait bien plaisir. On suivra maintenant avec attention l’évolution de la franchise et ses Nouveaux Mutants.

X-Men Apocalypse, de Brian Singer – En salles le 18 mai 2016



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