Son of Jaguar : Jorge R. Gutierrez parle de VR

Depuis l’édition 2016, le Festival d’Annecy s’est naturellement ouvert à la VR. Pour beaucoup d’artistes, c’est une nouvelle manière de raconter des histoires. Pour d’autres, c’est un moyen d’expérimenter des techniques différentes.
Si certains projets sont très expérimentaux, arty voire difficile d’accès, d’autres sont de véritables courts-métrages pensées pour être vus à 360 degrés.

Google Spotlight avait déjà embauché Glen Keane pour l’incroyable Duet. La firme a aussi fait appel à Jorge Gutierrez, réalisateur de la Légende de Manolo. Nous l’avons rencontré.

Son of Jaguar sera disponible sur toutes les plates formes à la fin de l’été. Nous avons donc vu une bande annonce en VR détaillant le projet. On y voyait un combattant de lucha libre avec une jambe mécanique se préparer pour un combat et se rendre sur le ring. Le spectateur pouvait naturellement choisir son angle de vue et pouvait s’éloigner du personnage principal s’il souhaitait voir les décors ou ce qui se passait en arrière plan. L’idée était intéressante même si la technologie est encore à la ramasse (CGI loin de ressembler à ce qu’on fait au cinéma, écran du casque qui laisse voir les pixels).

Nous avons demandé à Jorge R. Gutierrez comment il a préparé ce projet et ce que ça a changé dans sa manière de travailler.

Comment est né ce projet ?
Je n’aime pas la VR, elle ne m’intéresse pas. C’est d’abord ce que j’ai cru. Puis je me suis rapproché de Google Spotlight et j’ai vu ce que Glen Keane a fait, Duet. Mais c’est Glen Keane et je ne suis qu’un pauvre humain !
Ensuit j’ai vu Pearl de Patrick Osborne. Il m’a fait pleuré. Je me suis alors dit qu’il fallait que j’essaye, que je pouvais moi aussi faire ressentir des choses à des gens.
J’ai alors écrit une histoire de fantômes, d’un catcheur fantôme -le spectateur- qui voit d’où il est que son fils est un raté, qui ne peut plus combattre. Ce que le teaser ne montre pas, c’est qu’il y aura des interactions entre le père et le fils, et peut être que le père motivera le fils à combattre.
En tant que père, je voulais raconter une histoire comme ça, évoquer les sacrifices qu’un père doit faire pour son fils, dans sa vie artistique, familiale. Et j’ai réalisé qu’avoir une famille n’est pas une faiblesse, ça doit être une force.

Comment avez vous trouvé le temps pour faire ce court avec Kung Fu Space Punch en développement ?
J’ai travaillé dessus pendant six mois non stop. Mais mes projets sont à différents stades de développement. Kung Fu Space Punch n’est qu’au stade de l’écriture. Quand à The Book of Life 2, on ne fait pour le moment qu’en parler. Ma femme fait le design des personnages avec moi, ça a été six mois intenses.

Intenses parce qu’il faut penser à des choses nouvelles, comme l’action à 360 ?
Tout ce qu’on peut lire sur la complexité de ce travail est vrai. Il n’y pas de montage, pas de cadrage. Le film est un long plan séquence. J’ai regardé Birdman, et d’autres films de ce genre. On perd nos repères en VR. Le cinéma est une succession de plans réfléchis.
Au delà de l’aspect créatif, il y a aussi l’aspect technologique. Tout est nouveau, tout est encore à un stade Alpha. Tout est à construire.

Comment avez vous pensé votre mise en scène ? Il y a cette scène du couloir où marche le catcheur. Il faut penser à tout, aux décors dans tous les sens, à sa femme en arrière plan…
On a essayé de storyboarder et c’était une perte de temps. Notre approche a été celle d’une pièce de théâtre. Vous êtes le public et vous regardez partout. Moi je dois faire en sorte qu’il se passe toujours quelque chose, quelque soit l’endroit où vous regardez. Vous découvrirez de nouvelles choses à chaque visionnage, tout en découvrant l’histoire qui avance.
Le film final fera huit minutes mais huit minutes épiques. Il y aura de l’action, parce que les films en VR actuels en manque. Ça sortira fin août sur toutes les plates formes.

Une question sur Kung Fu Space Punch : vous avez expliqué que le projet pourrait autant être une série pour un diffuseur comme Netflix qu’un film. Comment vous avez travaillé cet aspect ?
J’ai un script qui est découpable en épisodes et qui peut être étendu. J’essaye de penser comme Guillermo del Toro me l’a appris. Trollhunters devait être un film qui a été réadapté en série. Il m’a dit que moi, à ce stade, je pouvais développer les deux en parallèle.
On parle à tout le monde, Netflix, Amazon… mais depuis la présentation il y un intérêt croissant pour un film. Je ne sais pas ce qui va se passer mais aujourd’hui (jour de la présentation à Annecy) était une bonne journée !
Tout ça se fera de toutes façons plus tard car j’ai signé pour un projet qui n’a pas encore été annoncé mais qui est une grosse franchise…

Vous avez annoncé la suite de la Légende de Manolo. Vous avez déjà écrit ? Où en est le projet ?
J’ai une idée de trilogie depuis le premier film : le premier est centré sur Manolo, le second serait sur Joaquin et le troisième sur Maria. Puis ma femme et moi on a fait une affiche pour une exposition. Les réactions ont été telles que le studio a proposé qu’on en parle.

 

Tous les films Google Spotlight Stories sont disponibles gratuitement ici. Merci à Fumi Kitahara d’avoir permis cette rencontre.



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