Rencontre avec Gore Verbinski et Dane DeHaan

A l’occasion de la sortie ce mercredi 15 février de A Cure for Life (A Cure for Wellness en VO), le réalisateur Gore Verbinski et l’acteur principal du film Dane DeHaan étaient de passage à Paris.

Nous les avons rencontré en tout petit comité pour évoquer avec eux le long-métrage, la préparation mais aussi leurs cauchemars…

 

Suite à des petits soucis de prise de son, nous avons choisi de diffuser une retranscription de la rencontre accompagnée pour les plus téméraires de la vidéo en version originale.

 

Vous avez fait des films de pirates, d’horreur, d’animation. Pourquoi changez-vous de genre d’un film à l’autre ?
Gore Verbinski : Ce n’est pas intentionnel. Je fais ce que j’ai envie de faire. Quand je suis à l’aise avec quelque chose, c’est qu’il est temps de passer à autre chose

Mais vous aviez déjà fait un film d’horreur, The Ring…
Gore Verbinski : Ici, c’est différent. On a essayé d’explorer une idée, comme la narration elle-même serait une forme de maladie. Il y a quelque chose d’inévitable dedans, avec des personnages denses et dans le déni. Il était important d’explorer la maladie comme un outil de la narration.

Le titre « francais » du film est « A Cure for Life » (un remède pour la vie) alors que le titre original est « A Cure for Illness » (un remède pour la maladie). Que pensez-vous de cette « traduction » ?
Gore Verbinski : le sens n’est pas le même pour moi mais je ne prends pas ce genre de décisions. C’est le marketing qui gère ça. Et vous, vous pensez quoi ?

L’histoire se déroule en Suisse et tourner dans de vieux bâtiments allemands. Pourquoi avoir choisi l’Europe ?
Gore Verbinski : Justin Haythe et moi somme des grands fans de La Montagne Magique de Thomas Mann [qui se déroule dans les Alpes Suisses]. On voulait imaginer un endroit qui représente le point de vue des personnages, qui ait un regard sur la société depuis longtemps, depuis la révolution industrielle. Il semble que les maladies récentes aient une perspective là-dessus.
On voulait aussi montrer la purification du personnage de Daan. Son ordinateur déconne quand il s’approche du lieu, son téléphone ne fonctionne plus, sa montre s’arrête. Il passe d’un état éveillé à un état de rêve. Une fois qu’il est entré dans ce monde, les choses n’ont plus besoin de faire sens de la même manière.

Le tournage s’est déroulé en Suisse ou en Allemagne ?
Gore Verbinski : En Allemagne. On a cherché beaucoup d’endroits en Allemagne, à Prague, en Autriche. On voulait représenter un château imposant et on a dû faire une mosaïque de plusieurs endroits. Les intérieurs ont été tournés en banlieue de Berlin. On a voyagé dans différents endroits pour tourner. On a profité d’avoir une petite équipe pour être très mobiles et pouvoir facilement nous déplacer dans plusieurs lieux.
Ca a été compliqué de gérer les acteurs. Ils passaient une porte, tournaient à gauche et se retrouvaient en fait dans un nouvel endroit, pour une scène qu’on tournait des mois plus tard. C’est un challenge dont on a beaucoup parlé avec Dane, parce qu’il est dans toutes les scènes. C’est un personnage qui évolue, qui était un connard et qui évolue vers quelqu’un qu’on peut aimer

Du coup, comme est-ce d’incarner un connard comme ça ?
Dane DeHaan : Comme Gore l’a expliqué, c’était un vrai challenge. C’est rare que le personnage principal soit sur tous les plans d’un film, que le film suive à ce point le voyage de mon personnage. Je voulais qu’il soit empathique, mais heureusement il ne l’est pas trop. Il vit beaucoup d’épreuves. Et vous ne voulez pas trop ressentir de pitié pour lui. C’est le genre de personnage avec qui vous pourriez être pote mais ça ne vous dérangerait pas s’il se prenait un poing dans la gueule. C’était un jeu d’équilibriste. Gore et moi on a beaucoup discuté : les gens ne veulent pas d’un mec qui pètent les plombs pendant deux heures de film. On a fait en sorte qu’il se passe beaucoup de choses tout au long de l’histoire. C’était un challenge, mais c’est ce qui rend l’expérience excitante.

Comment fait-on pour préparer les rôles habituellement sombres que vous incarnez tout en ayant une vie quotidienne saine ?
Dane DeHaan : Je m’intéresse à ce qui fait réagir les gens. Plus la personne est compliquée plus elle est intéressante à mes yeux. On définit souvent qui est une personne en fonction de ce qu’elle fait. Je me suis donc demandé ce que faisait mon personnage de ses journées, à quoi ressemblaient ses journées, ce que ça voulait dire de lui en tant qu’être humain. C’est quelqu’un qui travaille à Wall Street, qui est extrêmement ambitieux mais aussi victime d’une sorte de bizutage, où il doit travailler toute la journée à la merci de son patron… Il fait partie de ces gens qui sacrifient leurs vies personnelles pour monter les échelons de la société pour devenir de plus en plus riches et de plus en plus puissants. Ce sont les recherches qu’on a fait.

J’ai été impressionné par les différents symboles d’anguilles qu’on voit dans le film, sur les murs, dans la piscine…
Gore Verbinski : On était tous les deux reliés à l’idée du serpent, une image freudienne, rampante et provoquant une réaction viscérale. On a pas besoin de nous expliquer que quelque chose rampe au sol, ce n’est pas comme des chiots !
Et l’idée qu’il y a quelque chose en vous, qui commence tout petit et grossit petit à petit… C’est la même chose avec la noyade, ou les cauchemars avec les dents, j’ai moi même des cauchemars concernant ma dentition…
Quand vous observez le parcours de Dane dans le film, il est comme le cerf qui refuse de s’allonger, alors que les autres acceptent le calme de l’endroit. Le personnage de Dane ne se laisse pas avoir comme les autres. Il s’accroche à sa maladie, et va même jusqu’à la chérir tout en enquêtant.

Vous avez écrit l’histoire. Est-ce qu’elle s’inspire de vos cauchemars ?
Gore Verbinski : Oui, carrément. J’y ai cherché quelque chose de très spécifique. « Et l’idée qu’il y a quelque chose en vous, qui commence tout petit et grossit petit à petit… C’est la même chose avec la noyade, ou les cauchemars avec les dents, j’ai moi même des cauchemars concernant ma dentition… »

Alors comment est-ce de mettre en scène ses propres cauchemars ?
Gore Verbinski : J’ai eu un problème de dent sur le tournage, j’ai dû faire appel à un dentiste. C’était vraiment bizarre. Un spécialiste allemand est venu s’en occuper avec son masque et sa fraiseuse. Je rêve encore de ça.

Quels sont vos prochains projets ?
Gore Verbinski : J’ai différentes choses en préparation mais je ne sais pas encore laquelle je vais retenir en premier.
Dane DeHaan : Je dois encore faire pas mal de promo pour ce film puis pour Valérian cet été. Et je suis papa pour la première fois, c’est surtout à ça que je pense en ce moment.

Merci aux différents intervenants de la table ronde, Doriane Houssais de @GaumontPathe, Marc Godin de http://www.dailymars.net/ et Stanislas Claude de http://www.publikart.net, à et Constance Fontaine de l’agence Cartel.



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