NIFFF #3 : Yoga Hosers, The Devil’s Candy…

Troisième partie de nos aventures neuchateloises avec toujours plus de films de genre.

En plus d’un passage par la sélection de court-métrages ainsi que le nouveau film de Sean Byrne, on retiendra surtout la découverte de Yoga Hosers, nouveau film de Kevin Smith dans lequel sa propre fille et celle de Johnny Depp, déjà brièvement visibles dans Tusk, se partagent l’affiche. Le film n’a pas de date de sortie française, mais le précédent long du bonhomme avait échoué directement en DVD…

Swiss shorts

Par Arkaron – Cette année, le programme de courts métrages suisses se composait de huit travaux aux qualités très variables. Le meilleur du lot était clairement Le goût des choux de Bruxelles, une romance septuagénaire méta-narrative portée par de bons acteurs. On a également apprécié l’animation érotico-onirique Ivan’s Need et ses dimension mamaires transcendantales, ainsi que Hausarrest, une comédie de SF à l’humour noir bien senti. Malheureusement, le reste ne suit pas du tout. Driven se contente d’être un exercice de style tournant littéralement en rond, Belle comme un cœur ne dépasse pas le petit conte anecdotique, Nachtlicht demeure somme toute banal, OS Love laisse plus que perplexe et Une ville sous la ville est d’une vanité sans nom. Toujours intéressant de voir ce qu’il se fait au pays helvète, même si cette année n’était assurément pas la meilleure.

 

Das Kalte Herz, de Karl Ulrich Schnabel (1950)

Par Arkaron – Film tourné au début des années 1930 et que l’on pensait longtemps perdu, Das Kalte Herz a été restauré et augmenté d’une toute nouvelle bande son. Ce film muet suisse s’intéresse aux mésaventures d’un marchand de charbon qui vend son cœur à un géant en échange de succès. Malgré quelques répétitions évitables, ce conte se révèle être d’excellente qualité, puisqu’il anticipe de bien des années certains codes narratifs propres aux séquences de rêve, et propose un montage de plusieurs décennies en avance sur son temps, mélangeant diverses temporalités afin de créer d’impressionantes séquences à la fois hypnotiques et émotionnelles. On appréciera également les effets visuels bluffants, notamment lors d’une scène de course finale entre le protagoniste et le géant, à travers un extraordinaire travelling renforcé par un effet de superposition efficace. Une véritable perle qu’il fait bon de redécouvrir.

 

The Devil’s Candy (2016) de Sean Byrne

Par Jean-Victor – La première fois qu’on découvrait Sean Byrne, c’était pour The Loved Ones et sa jeune adolescente en fleur qui kidnappait le valentin ayant eu le malheur de ne pas l’inviter pour le bal de fin d’année afin de le torturer.
6 ans plus tard, le réalisateur revient avec une histoire toujours aussi joyeuse puisque The Devil’s Candy voit une famille rock’n roll s’installer dans une maison où un meurtre a eu lieu auparavant. Et manque de bol, le responsable rôde toujours, tout perturbé qu’il est par la voix du diable qui lui chuchote des mots doux à l’oreille. Le père de famille va d’ailleurs lui aussi avoir le droit à cette faveur, pour un film d’horreur soigné dans sa photographie et son ambiance afin de faire bonne impression la première heure. Sauf qu’on finit vite par se rendre compte que l’ensemble ne va pas aller beaucoup plus loin et même si les obsessions du héros qu’il traduit dans des peintures perturbées, ou la relation avec sa fille lancent des pistes intéressantes, le final grossier et bas du front ramène tout à zéro, comme si l’ensemble n’amenait à rien. Bien gaulé et parfois plaisant donc, mais finalement frustrant car assez vain.

 

Yoga Hosers (2016) de Kevin Smith

Par Jean-Victor – Kevin Smith, on l’aime bien, il est fun, mais son dernier film Tusk avait pas mal refroidi. Ce qui devait être le retour triomphant au cinéma du geek préféré d’Hollywood était une sorte de private joke pas franchement rigolote, qui tournait au grotesque sans réussir à tenir sur la durée. Forcément, le concept du deuxième chapitre de cette « Trilogie canadienne » ne nous réjouissait pas tellement, même si ici l’idée est différente puisque on y suit Lily-Rose Depp (la fille de Johnny Depp et de Vanesse Paradis) et Harley Quinn Smith (celle de Kevin Smith !) dans leurs aventures de caissières blasées d’une petite superette.
La private joke n’est pas très loin là encore, puisqu’on sent clairement l’envie de faire un film entre potes avec les ados rigolotes, dans une histoire faisant la part belle à l’attitude 2.0 où l’on tweet/hashtag/instagram tout ce qui bouge. Le teen movie, on sait que Kevin maîtrise, mais il a ici la fâcheuse tendance à s’enfermer dans un délire répétitif, parcouru de petites folies « fucked up » pour faire honneur à sa réputation. Un peu comme si une bande de potes s’amusait et que les gens à l’extérieur, en l’occurrence le public, était bien étranger à tout ça. Pas méchant donc, mais roublard et pas franchement excitant.

 

The Alchemist Cookbook (2016) de Joel Potrykus

Par Jean-Victor – Il était une fois l’histoire d’un type vivant seul dans des bois reculés, multipliant les expériences chimiques dans sa cabane et les promenades en forêt pour rentrer en contact avec les esprits habitant ces lieux. Bon, concrètement le type se ballade beaucoup, reçoit les visites de son pote gangsta qui multiplie les « dig this shit, nigga » et continue à ne rien faire.
La suite ? On ne la connait pas. En effet, les forces maléfiques du film et de l’ennui sont tellement puissantes qu’elles nous ont contraints à quitter la salle avant de sombrer dans la démence la plus totale.
Depuis, on raconte à Neuchâtel que les autres spectateurs ont disparus, aspirés dans un vortex spatio-temporel leur enlevant toute envie de vivre. On ne saura jamais vraiment la fin, mais on peut au moins dire qu’on y a survécu.

 

Carnage Park (2016) de Mickey Keating

Par Jean-Victor – Un braquage raté dans les années 70 pousse les deux brigands à kidnapper l’une des employées de la banque. Si elle pensait que ça suffirait à ses malheurs, elle se trompait lourdement puisque la course poursuite va finir dans le désert californien dans la zone de « Carnage park », où rôde un soldat sniper un brin azimuté. Survival se voulant crasseux et sec, Carnage Park repose surtout sur des effets de mise en scène ringards et éculés par un sound design assourdissant qui finit par assommer plus qu’autre chose. Très chiche en mises à morts violentes et en frissons, le film s’étire avec sa photo jaunâtre pour mener à terme son programme tout tracé, sans jamais se renouveler ni proposer la moindre scène mémorable.
Comme dirait l’autre : circulez, il n’y a rien à voir !

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