Critique : Victoria

Rares sont les stars de la télévision qui réussissent avec brio leur passage vers le cinéma. En fait, beaucoup s’y sont même cassé les dents.

La comédienne belge Virginie Efira, laurate de deux Magritte en 2012 pour Kill Me Please fait figure d’exception. Elle est actuellement à Cannes pour deux films : Elle, de Paul Verhoeven dont on reparlera prochainement, mais aussi Victoria de Justine Triet qui devrait sortir dans le courant de l’année.

 

LA CRITIQUE

Après le grand barnum que fut La Bataille de Solférino, son premier long-métrage, la réalisatrice Justine Triet revient avec une comédie dramatique plus conventionnelle selon les règles du genre. C’est donc à Virginie Efira qu’incombe la tâche d’incarner Victoria, profil type de la working girl, mère célibataire, au bord de la crise de nerf. Cependant, Triet réussit avec son nouveau film à se détacher de la masse des comédies bébêtes françaises, dans laquelle s’est déjà beaucoup (trop) exercé son actrice principale.

Car c’est une idée bien maline que d’avoir confié le rôle à Virginie Efira. En effet, celle-ci traîne désormais avec elle cette image de la fille de comédies romantiques, s’étant illustrée récemment dans Un homme à la hauteur. Durant son introduction, bouclée par un générique qui tombe alors au premier quart d’heure, Justine Triet nous emmène sur une fausse piste en nous énumérant les codes classiques du genre et pas forcément avec le plus d’aisance. Ce ne sera qu’une fois la véritable histoire lancée que nous comprendrons qu’il y a plus d’une Victoria dans son long-métrage.

Le choix de Virginie Efira se retourne ainsi en un point fort et surprenant. La confiance de Triet dans son actrice lui permet de jouer sur plusieurs tableaux.

Victoria se révèle lentement comme un film qui navigue sciemment entre les genres et démontre l’étendue des talents de Virginie Efira. Celle que l’on croyait cantonnée à un seul registre peu glorieux se démultiplie devant la caméra de la réalisatrice. Tantôt drôle, mais aussi très touchante et érotique même, nous passons avec elle par tous les états sans jamais déceler aucune faille dans son jeu sur toute la durée du long-métrage. Des facettes qui nous étaient encore inconnues chez Virginie Efira qui lui ouvrent déjà des portes. On la trouve parmi le casting du Elle de Paul Verhoeven, présenté à Cannes également.

Mais si l’interprétation de cette dernière est remarquable, il faut aussi remarquer la prestation de Vincent Lacoste, impeccable ces derniers temps grâce à des rôles taillés sur mesure. Une étrange alchimie s’opère entre les deux. Celle-ci fonctionne assez bien à l’écran et boucle la romcom amorcée au départ. Justine Triet apporte aussi avec un sa mise en scène un nouveau souffle, pour ainsi dire. Un parfum nostalgique règne à une image trop terne et naturelle qui laisse parfois à désirer. Mais ces longs zooms à travers la ville et la foule qui nous retrouvent nos héros perdus dans l’immensité urbaine rappellent ceux que l’on avait dans les films des années 70 à 80. Oui, ce détail montre que l’on peut faire un peu de mise en scène dans une comédie romantique française. Ce n’est pas si compliqué.

Comédie sympathique et rafraichissante, Victoria aura eu la vertu de montrer, dans un même film, que Virginie Efira a plus d’une corde à son arc d’actrice.

Victoria, de Justine Triet – Sortie le 14 septembre 2016



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