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Critique : Twilight – Chapitre 3 : Hésitation


Après un premier volet particulièrement drôle et une suite totalement vide, la saga Twilight revient une 3e fois pour remplir les salles de cinéma de fans de la très mormonne Stephenie Meyer. Cette fois, ça s’appelle Hésitation.
Dans le volet précédent, on nous parlait de désir, de danger, de protection mais on ne voyait jamais rien à l’écran (et pas forcément parce qu’on s’était endormi !). Après 1h30 de rien, Edward demandait Bella en mariage.
On espère donc que ce 3e volet soit cette fois plus dense qu’un épisode des Feux de l’Amour et mieux réalisé, maintenant que le réalisateur a changé.
Verdict.

Twilight Chapitre 3 : Hésitation – Sortie le 7 juillet 2010
Réalisé par David Slade
Avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner
Des morts suspectes dans le environs de Seattle laissent présager une nouvelle menace pour Bella. Victoria cherche toujours à assouvir sa vengeance contre elle et rassemble une armée. Malgré leur haine ancestrale, les Cullen et les Quileutes vont devoir faire une trêve et s’associer pour avoir une chance de la sauver.
Mais Bella est obligée de choisir entre son amour pour Edward et son amitié pour Jacob tout en sachant que sa décision risque de relancer la guerre entre les deux clans. Alors que l’armée de Victoria approche, Bella est confrontée à la plus importante décision de sa vie

7 janvier 2009. Alors que je me rends au cinéma voir le premier chapitre du dyptique de Steven Soderbergh, je m’attends à voir une horde d’ados pseudo rebelles, qui abusent de l’image de Guevara sur leurs t-shirts ou autres, dans la salle. En arrivant devant le ciné, la horde d’ados est bien là mais elle est pseudo gothique et elle va voir autre chose. Elle va voir Twilight.

Il faut bien admettre que ce mois là, la stupéfaction la plus totale a pris le dessus pour pas mal de monde tant le phénomène Twilight a pris comme un feu de paille, pulvérisant tout sur son passage à coups de troupeaux de groupies hurlant « RROOOBBBBEEEERRRRTTTT ». La surprise se transforma en hallucination lorsque l’on découvrit le film, petit nanar très rigolo et digne d’un téléfilm avec un peu de budget bien que profondément naze, il faut bien le dire.
Enfin ça avait le mérite d’être drôle contrairement à l’insupportable New Moon qui nous a vite fait déchanté en dévoilant au grand jour sa morale nauséabonde et d’un autre âge.

Rejeton d’un puritanisme extrême, Twilight dévoilait sa nature de spot de propagande mormon et l’enrobage était trop vain pour tenter de glisser le tout avec un minimum de subtilité.
A peine un an et demi après la sortie du premier film que débarque déjà le troisième opus Eclipse, réalisé par un David Slade auquel on doit le dérangeant Hard Candy et le 30 jours de Nuit, survival bien foiré tant il était incapable de faire ressentir la durée de son calvaire quand bien même c’était la clé du récit. Avec un mec pareil derrière la caméra, on pouvait espérer voir un truc désormais un tant soit peu regardable.

Autant dire que pour le coup, l’objectif est rempli…

Pourtant, le premier quart d’heure replace comme il faut le contexte dans lequel on est, et rappelle immédiatement la fin ahurissante du deuxième épisode quand bien même cela n’était pas nécessaire tant tout le monde en était resté sur le derrière.
Mais quelque chose change déjà par rapport aux deux précédents opus. Dieu, que vois-je ? De la mise en scène ?! Et ouais.
Qui l’aurais cru, mais le film ouvre sur une séquence piochant clairement dans les codes de l’horreur et sans être transcendante, cette ouverture est suffisamment bien fichue pour éveiller l’intérêt et pour cause, il semblerait qu’il y ait enfin autre chose que du Amour, Gloire et Beauté saupoudré de fantastique destiné à cacher la morale de la chose.

Il se passe enfin quelque chose à Folks, ou du moins à Seattle, puisque la méchante Victoria (désormais interprétée par Bryce Dallas Howard, même si ça ne change absolument rien) élève une armée de vampires nouveaux nés pour aller casser la tête à ce cher Edward, en guise de vengeance suite au meurtre de l’amant de la belle à la fin du premier opus (vous suivez toujours ?).
Voilà donc que ça s’inquiète drôlement chez la famille Cullen et chez les Quileutes, ces bons vieux loups garous exhibitionnistes, qui vont devoir faire tomber leurs différents ancestraux pour combattre l’ennemi main dans la patte.
En l’état, le conflit en question occupera les 20 dernières minutes du film à l’image avec un combat dans lequel ca arrache des têtes et des bras à toute allure !
Rassurez vous mesdames, vos filles ne verront pas une goutte de sang puisque les victimes se cassent comme de la pierre dès qu’une micro fracture apparaît sur leurs corps.
Ceci dit, on ne manquera pas de remarquer que le dit passage est assez bien fichu pour ne pas être ennuyant, malgré des effets spéciaux… qui sont exactement les mêmes que dans le 2, que ce soit pour les loups ou les vampires qui courent très vite. Toujours aussi moche donc, mais les fans n’y vont pas pour ça, donc pourquoi tenter de faire mieux ?!

Pourquoi les fans y vont d’ailleurs ? Pour voir une grande histoire d’amour bien sûr !
Quand on regarde de plus près, on sait pertinemment que ce film en partie produit par l’Eglise Mormon (véridique) n’est là que pour leur dire que la chasteté, c’est la pureté, que la sexualité c’est uniquement dans un but de reproduction et d’amour véritable et que tout ce qu’elles tenteront de faire en dessous de la ceinture avec un garçon avec lequel elles ne seront pas mariées… Ce n’est pas bien, pardi !
D’ailleurs, le film excelle une fois de plus dans la démonstration de la chose, avec une scène de chambre qui provoqua il faut bien le dire l’hallucination générale dans la salle. Cela étant, si nous nous étions insurgés pour le second, nous étions désormais au courant et notre indulgence mêlée à de l’indifférence fait qu’on en a désormais plus rien à secouer, même si cela reste du bourrage de crâne pour jeune fille en fleur.
Le plus étonnant reste le traitement du sujet, puisque David Slade n’hésite pas une seule seconde à faire la chose frontalement et à balancer généreusement le lot de conneries mormonnes dans le film mais fait toujours preuve d’un second degré rassurant, avec à chaque fois une petite réplique qui l’air de rien désamorce un tant soit peu le sérieux de la chose, quand bien même c’est fait dans l’optique de nous rassurer alors qu’on sait pertinemment que le public visé en rira peut être mais en gobera tout autant le message.

Le plus dingue reste tout de même de voir qu’après 2 heures de film, les évènements soi disant majeurs de celui ci n’ont servi que de péripéties inutiles tant entre la deuxième et la dernière scène qui se répondent en écho, il ne s’est finalement quasiment rien passé, sauf un détail minuscule auquel il aura fallu 2 heures pour exister.
Evidemment, ces deux heures de film sont ni plus ni moins le temps qu’il faudra à cette chère Bella pour prendre une décision dont on sait depuis le premier film l’issue. Autant dire que pour avoir une once de tension dramatique, il faudra aller voir ailleurs, alors que le film porte excellemment bien son nom français, « hésitation ».
Certains journalistes bobos y verront une étude passionnante de la psyché de nos adolescentes d’aujourd’hui et quand on voit combien la représentation que Stéphanie Meyer en fait est molle et laborieuse, on prie pour que tout cela soit faux.

Et ce n’est pas cette pauvre Kristen Stewart qui dira le contraire, quoi que, puisque visiblement son rôle n’a pas du être très dur à jouer : elle affiche trois émotions au compteur et se révèle toujours aussi peu convaincante. Pendant ce temps là, Taylor Lautner montre toujours ses pectoraux, ce à quoi la gente féminine répond encore une fois gaiement (ce qui est assez consternant il faut bien l’admettre).
Mais en revanche, Robert Pattinson étend son jeu et commencerait presque à être bon, le bougre arrivant même (et là ça tient du miracle…) à être sympathique sur certaines scènes. Quand on voit hors du film comment il prend la chose avec légèreté, on peut parier que c’est le seul qui s’en sortira.
Pour les autres acteurs, rien à signaler de nouveau tant l’écriture générale est caricaturale et stéréotypée, ce qui est normal quand on voit combien leurs rôles sont finalement des pions dont le but est de complexifier en vain la chose.

Comme on s’adresse à des ados (et à un public féminin de 20-30 ans paraît il), faut bien donner à grignoter et finalement, tout peut se résumer à l’utilisation de la bande son : des noms prestigieux et de qualité (Howard Shore, The Dead Weather, UNKLE…) qui voient leurs musiques lynchées dans une utilisation clipesque limitant au grand maximum la diffusion de chaque titre à 30 seconde, sauf pour le thème et la chanson officielle de Muse, dont l’arrivée est soulignée par un « Oh, j’adore cette chanson » dans le film. (sisi, je vous jure…)

On dira une fois de plus qu’on est méchants ou qu’on y comprend que dalle mais rien n’y fait. Twilight reste Twilight et ce troisième épisode, qui contient en l’état le plus d’éléments, se révèle finalement toujours aussi vain quand on constate au final combien l’intrigue principale, la relation Bella/Edward, n’a avancé que d’un seul copec !
Ceci dit, force d’admettre que la chose est formellement correcte et que le film se révèle être le plus regardable de tous, réussissant même à être assez lambda pour ne pas être pointé du doigt comme le navet du moment, puisqu’il est sur un point de vue cinématographique ni trop mauvais ni bon, même si les 2 heures qui le composent semble être renforcées de 30 minutes en plus.

Les demoiselles seront donc en transe le 7 juillet et les autres regarderont la chose avec autant d’incompréhension que par le passé.

En ce qui nous concerne, on fait partie du second groupe.

- Jean Victor

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41 commentaires pour “Critique : Twilight – Chapitre 3 : Hésitation”

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