Critique : T2 Trainspotting

Pas toujours évident pour un comédien de reprendre un de ses tous premiers rôles, de peur de se voir mis dans une case et de finir relégué à tout le temps jouer le personnage.

La solution la plus simple est souvent d’attendre, de faire carrière et d’y revenir ensuite. Comme Harrison Ford l’a fait avec Star Wars et Blade Runner. Ou comme Ewan McGregor et Trainspotting.

 

LA CRITIQUE

En 1996, Danny Boyle révélait Ewan McGregor au monde et nous faisons vivre les aventures de Renton, Sick Boy, Franco, Tommy et Spud dans une banlieue d’Édimbourg alors en pleine crise économique. Paumés et fauchés, ils trouvaient refuge dans la came, s’injectant de l’héroïne à longueur de journée. Drôle et tragique, le film était le portrait d’une génération qui s’y est reconnue et l’a porté en étendard. La musique d’Iggy Pop résonne encore maintenant dans la chambre de Renton.

Vingt ans plus tard, Danny Boyle choisit non pas de raconter le portrait de la génération actuelle mais revient à ses personnages. On découvre alors ce qu’ils sont devenus après les évènements de la fin du premier film. A l’époque, ils avaient mis la main sur de l’héro et étaient partis à Londres la revendre. Alors que tout le monde dormait, Renton s’est barré avec l’argent, laissant sa part à Spud, fuyant avec le reste et laissant Franco se faire serrer par la police. Les années ont passé, Renton décide de rentrer en Ecosse. Spud y est toujours accro à la dope, Sick Boy tente de monter un bordel au dessus de leur ancien pub et Franco cherche à sortir de prison, sa peine n’ayant pas été réduite.

On redécouvre des personnages presque là où on les avait laissé. A la différence près qu’ils ont tous vieilli un grand coup mais -en dehors du personnage de McGregor qui était parti pour échapper à tout ça- n’ont pas vraiment changé dans leurs habitudes. Ils prennent toujours de la drogue même s’ils ont switché sur la cocaïne et vivent toujours dans des endroits miteux. La différence vient sans doute de la présence de Nikki, incarnée par l’incroyable Anjela Nedyalkova, première fille à avoir un vrai rôle dans cet univers où les personnages de sexe féminin étaient alors réduits au strict minimum.

Adaptant cette fois le roman « Porno » d’Irvine Welsh qui avait écrit le Trainspotting original, Danny Boyle n’a, lui, absolument pas vieilli. Il parvient à garder un style dans sa mise en scène proche du précédent. Bien qu’ayant plus de moyens, le film ne dénote pas de l’original. Peut-être est-il un peu plus sage dans sa manière de réaliser (on manque d’une scène dingue comme celle où Renton s’enfonçait dans son lit) mais les cadres et un rythme plus lent que pour le précédent traduisent l’âge des personnages. Tout le monde a vieilli, tout le monde s’est ramolli.

T2 Trainspotting n’est pas seulement un film destiné à mettre un point final à l’histoire, comme l’explique Spud dans la dernière partie qui donne un petit coté meta à l’ensemble, comme si tout le monde avait envie de boucler la boucle. C’est un film sur un groupe d’hommes ayant atteint la quarantaine, des mecs nostalgiques d’un passé dont ils ont bien du mal à se défaire. Ont-ils fait les bons choix de vie ? Ont-ils des regrets ? Comment auraient-ils fait si… ? Et s’ils envoyaient tout balader pour cette fille bien plus jeune qu’eux ? Autant de question qui trouve un écho dans la génération de votre serviteur, celle qui a grandi avec le premier volet, s’est rangé et vit parfois en se demandant comment seraient les choses si nos choix de vie avaient été différents. A l’écran, Danny Boyle traduit cela en utilisant énormément d’images du 1er Trainspotting, les incrustant parfois d’une bien jolie manière dans la réalité de ce T2 et allant jusqu’à imaginer des flashbacks avec ses personnages enfants, qui se croisaient déjà il y a donc plus de deux décennies.

Ce n’est pas toujours évidemment de monter une suite, d’autant que l’aspect « revival » de vieilles franchises a tendance à faire dans le fan service gratuit ou à s’auto-parodier. T2 trouve le bon équilibre entre l’aspect vingt ans après et la notion de reprendre où on en était. Les acteurs prennent un plaisir manifeste à se retrouver et le public peut replonger dans son adolescence. De fait, Trainspotting 2 n’a pas la folie du premier volet. Ca ne l’empêche pas d’être une vraie réussite.

T2 Trainspotting, de Danny Boyle – Sortie le 1er mars 2017



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