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Critique : Song for Marion


Si vous regarder l’Emission CloneWeb depuis ses débuts, vous n’êtes pas sans savoir que Jean-Victor est un grand fan de Gemma Arterton.

Alors quand le bougre a appris que la comédienne sortait un nouveau film, il s’est rué dessus pour le voir et vous en parler. Song for Marion n’est pas qu’un film avec la charmante comédienne puisqu’elle s’offre le luxe de donner la réplique à Terence « Zod » Stamp et à un casting de personnages âgées, comme c’est à la mode en ce moment avec Red, Quartet ou encore Sous Surveillance.

Que vaut donc cette Chanson pour Marion ?

Parfois, on se demande bien ce qui a pu passer par la tête de certains réalisateurs opérant de sacrés virages à 180° dans leur carrière. Paul Andrew Williams est de ceux-là : après avoir commencé dans le cinéma de genre, en ayant notamment écrit The Children ou réalisé Bienvenue au Cottage, voilà que le bonhomme nous livre Song For Marion, comédie dramatique qui n’a rien à envier au premier abord au récent Quartet de Dustin Hoffman dans la catégorie de ces films tournant autour de personnes en fin de vie. Mais cette nouvelle direction apriori plus académique n’est-elle pas avant tout un vrai choix artistique ?

Song For Marion se passe dans une petite cité anglaise dans laquelle Elisabeth (Gemma Arterton) anime une chorale pour personnes âgées parmi lesquelles on retrouve Marion (Vanessa Redgrave), dont le cancer lui fait vivre ses derniers jours auprès de son cher et ronchon Arthur (Terrence Stamp). Avec un tel pitch, on était en droit de craindre le film sentant une fois de plus la naphtaline et se regardant sans que la plupart du public se sente vraiment concerné. C’est être dans l’erreur tant Song for Marion effectue tout du long un travail d’équilibriste assez admirable pour proposer un réel intérêt.
Il y a même plusieurs films en un dans le nouveau Paul Andrew Williams.
D’abord, l’entreprise ne manque pas de traiter la maladie de son héroïne et l’impact sur la vie de ce couple en fin de vie. Sans pour autant tomber dans la noirceur accablante d’un Amour, on devine ici tout de suite le long passé et l’affection qui a animé ces deux personnages, chacun révélant le meilleur de l’autre à l’image. Que ce soit dans les meilleurs moments ou dans les pires (les crises et affres de la maladie), le film ne dévie jamais son regard et tient à donner de la substance à ce couple qui est le pilier narratif du film. Cela donne lieu déjà à quelques scènes très touchantes, dont une reprise de True Colors qui ne manquera pas de coller des frissons par sa justesse, sa pudeur et sa fragilité. Gravitant autour de ce couple, le personnage de Gemma Arterton va les aider dans les moments les plus difficiles, et prendre sous son aile Arthur pour l’aider à surmonter les difficultés du quotidien. C’est dans cette phase là que le film monte encore d’un cran en émotion.

Chemin de rédemption et réquisitoire pour l’avenir, le parcours de ce drôle de duo leur offre l’occasion de mettre en place une dynamique des plus intéressantes, les deux acteurs se servant l’un et l’autre avec générosité. D’un côté, Gemma Arterton s’avère être le côté pétillant du film, son optimisme sans faille donnant à l’occasion à Terrence Stamp de mieux s’affirmer en tant que figure anachronique dépassée par les évènements. De l’autre, cela lui offre surtout l’opportunité d’incarner un personnage déchu, conscient que le meilleur est derrière lui et qui pourtant va essayer de garder la tête haute pour porter son couple dignement. Les affres familiales rentrent en compte mais l’homme prime avant toute chose tant son évolution est touchante par ce mélange subtil de prestance imposante et de fragilité dont fait preuve l’acteur.
Touchant, le film l’est réellement, tout en n’accablant pas le spectateur constamment puisque Song for Marion peut se targuer d’être également une vraie comédie.
Une comédie sociale, l’histoire étant très ancrée dans une Angleterre profonde où tout n’est pas rose et une comédie folklorique, la musique ayant une place prépondérante à la manière d’un Quartet ayant pris une bonne dose de rock’n roll et de dérision.
Gemma Arterton et sa bande un rien extravagante de retraités s’en donnant à cœur joie dans des reprises tels que « Let’s talk about sex » ou « Ace of Spades » tout en s’amusant des tabous cités dans ses chansons pour faire un point sur certains sujets sensibles à cet âge là avec une dérision et une ironie qui font plaisir à voir.
Cela pourrait passer pour un hors sujet total étant donné l’autre partie du film mais c’est probablement là que Song for Marion réussit son pari : il jongle entre les tons et les humeurs sans jamais que cela soit contradictoire, et on rigole autant qu’on est ému, le film ayant même chatouillé les yeux de votre serviteur d’un peu trop près sur la fin.
Car de la même manière que Terrence Stamp est sublime lors de la dernière scène (qui donne à fond dans ce que Quartet refusait de montrer), on ressort avec la preuve qu’un film peut faire du bien tout en traitant de la dureté de certains problèmes sans détour.

Song for Marion use de chacun de ses interprètes et de ses éléments avec malice et parcimonie pour être au final un film aussi touchant que drôle. Feel good movie réjouissant, drame vibrant ou encore comédie musicale loufoque, cette histoire portée par un Terrence Stamp au sommet et par une Gemma Arterton pétillante est un vrai film solaire qui vous va droit au cœur avec sincérité et humilité. Et comme ce coup-ci ça n’est pas une question d’âge ou de génération, ce serait dommage de passer à côté de cette très jolie surprise.

 

Bonus : l’avis de Jean-Victor en vidéo pour Après la Séance

 

Song for Marion – Sortie le 15 mai 2013
Réalisé par Paul Andrew Williams
Avec Gemma Arterton, Terence Stamp, Christopher Eccleston
Arthur et Marion, couple de retraités londoniens, sont profondément unis malgré leurs caractères dissemblables ; Marion est positive et sociable, Arthur est morose et fâché avec la terre entière. Aussi ne comprend t il pas l’enthousiasme de sa femme à chanter dans cette chorale férue de reprises pop décalées et menée par la pétillante Elizabeth. Mais peu à peu Arthur se laisse toucher par la bonne humeur du groupe et par la gentillesse d’Elizabeth. Encouragé par cette dernière, qui a inscrit la chorale à un concours, Arthur réalise qu’il n’est jamais trop tard pour changer.

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