Critique : Sing Street

Après New York Melody et Once, le nouveau film de John Carney sortira le 26 octobre prochain Sing Street pour lequel il retourne en Irlande. Le film sera montré en avant-première à Paris ce 4 septembre et dans la foulée au Festival de Deauville en compétition et avec des chances pour ne pas repartir bredouille.

L’Irlande, les années 80, et des artistes comme Motörhead, Duran Duran, The Cure, Joe Jackson en fond sonore ça vous tente ? Allez, on y va !

 

LA CRITIQUE

Connu surtout pour l’excellent Once, John Carney a commencé sa carrière comme bassiste du groupe irlandais The Frames au début des années 90. Il tourne alors quelques clips pour le groupe et se lance dans le court métrage. La suite est naturelle : il passe au long et avant le film racontant l’histoire de Glen Hansard il tourne notamment On the Edge avec Cillian Murphy et Stephen Rea. En 2013, il continue à mêler musique et cinéma et sort New York Melody avec Keira Knightley en chanteuse perdue dans New York et Mark Ruffalo en producteur de disques. Voici maintenant Sing Street, pour lequel Carney a retrouvé les rues de sa Dublin natale.

Et a monté l’un des meilleurs films de 2016.

L’histoire de Sing Street se déroule en 1985. Le pays est en récession. Les jeunes rêvent de partir en Angleterre et le père du héros (Aidan Gillen, le Peter Baelish de Game of Thrones) décide de placer son jeune fils dans une école publique pour économiser de l’argent, l’école catholique de Synge Street – d’où le titre. C’est là bas qu’il va apercevoir une jolie jeune fille, un peu plus âgée. Et il va la baratiner, lui disant qu’il cherche un modèle pour le clip vidéo de son groupe. Mais le gamin n’a pas de groupe et il va devoir en monter un s’il veut la séduire. Heureusement pour elle, ce ne sont pas des paroles en l’air puisque le jeune Connor touche sa bille à la guitare et qu’il est biberonné à la musique des années 80.

La musique a toujours eu une grande place dans la vie de John Carney. De ses débuts avec The Frames à Once en passant par les titres qu’il a écrit pour Adam Levine et Keira Knightley pour New York Melody. Dans Sing Street, le réalisateur a une nouvelle fois composé des titres pour le jeune groupe, parvenant à leur donner une sonorité d’époque et des airs de musique de garage. Il a également fait appel à ses complices des films précédents, Glen Hansard et Adam Levine, pour le très joli titre final du long métrage. Mais, époque oblige, on peut aussi entendre des groupes comme Duran Duran, The Jam, The Cure ou encore Motörhead avec des titres choisis judicieusement pour coller à la narration. La musique a aussi beaucoup d’importance dans la vie du héros et quelques belles scènes de complicité et d’apprentissage se font autour des disques vinyles que son frère (Jack Reynor, vu dans Transformers 4) fait écouter à Conor.

Par bien des éléments, Sing Street ressemble à The Commitments d’Alan Parker (dans lequel jouait Glen Hansard, héros de Once, et Maria Doyle Kennedy qui incarne ici la mère). Il ressemble également à Once pour le coté pour l’histoire d’amour sous-entendu derrière l’écriture des chansons et la mise en scène des clips. De là à penser que ce sont des éléments autobiographiques que le réalisateur également scénariste nous narre il n’y a qu’un pas. Mais ce ne sont que des points communs puisque le film emprunte des chemins différents. L’un d’eux est le fait de Carney pense son histoire comme un conte. Plutôt que de tenter le réalisme presque social à la Once, il livre ici un film sur l’amour et la musique où les clichés sont liés à une histoire fantasmée. Il y ajoute d’ailleurs quelques scènes oniriques dont celle d’un bal assez incroyable qui rend hommage à Retour vers le Futur tout en cristallisant les envies les plus personnelles du héros et dénonce les abus des prêtes dans les écoles catholique irlandaises, le tout à travers de la musique endiablée.

Ajoutez à cela des acteurs inspirés et dirigés, le jeune Ferdia Walsh-Peelo en tête est incroyable et se métamorphose au fil de l’histoire. Et, surtout, un rythme assez phénoménal fait avancer le film. La plupart des histoires de ce genre ne tiennent pas la durée et ont tendance à s’enliser dans du drama inutile.. Ici Carney ne lâche jamais son spectateur. On rit, on tape du pied, on pleure un peu aussi.

C’est finalement en reprenant des thèmes qui lui sont chers et en les poussant plus loin que John Carney est à son meilleur, livrant un Sing Street aussi émouvant que jubilatoire, un film qui devrait naturellement trouver sa place dans le haut des classements annuels.

Sing Street, de John Carney – Sortie le 26 octobre 2016



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