Critique : Peter et Elliott le Dragon (2016)

En 1977, les studios Disney sortaient leur 30e film d’animation et le troisième mélangeant vrais acteurs et séquences animées après L’Apprentier Sorcier et, bien évidemment, Mary Poppins. La partie animée avait un casting de luxe : la supervision du dragon était faite par Don Bluth et Ron Clements ou encore Glen Keane y avait travaillé.

Aujourd’hui Disney oublie la 2D et a fait appel à Weta, responsable notamment des effets spéciaux sur le Hobbit, pour animer un dragon rebooté…

 

LA CRITIQUE

Disney revisite ses classiques, acte trois. Après le carton du Livre de la Jungle et le flop monstrueux de la suite d’Alice au Pays des Merveilles plus tôt cette année, « Peter et Elliott le Dragon », remake d’un mélange curieux de live-action et dessin-animé, arrive sur nos écrans sans beaucoup de promo autour. Alors que vaut cette relecture, portée par un casting sans énorme star autre que le vétéran Robert Redford? Réponse…

Il est finalement peu étonnant de voir David Lowery, jeune réalisateur vite porté aux nues après son joli drame « Les Amants du Texas », débauché par Disney. Encore moins quand on sait que l’histoire de Peter et Elliott le Dragon se déroule dans l’Amérique profonde et rurale, baignée de forêts et de champs, comme dans son précédent film.

Pourtant, ce remake profite finalement peu des superbes environnements alentour, pour se concentrer sur l’histoire d’amitié touchante mais finalement très banale entre un orphelin et un dragon aussi vert que gentil. Là où on était en mesure d’attendre un message écolo prônant les valeurs de la Nature, la déforestation de la forêt où vivent Peter et son dragon étant un point-clé du récit, Lowery se contente du strict minimum à tous les niveaux. C’est ce qu’il ne faut pas trop brusquer le (très) jeune public auquel le film est destiné. Car, loin d’un Maléfique au niveau de lecture certes maladroit par moments mais plus adulte qu’attendu, Peter et Elliott le Dragon n’élève jamais le niveau dans aucune de ses thématiques proposées et se contente de voler en rase-mottes sans aucune audace ou parti-pris intéressant.

Là où l’on sent que l’on est en revanche en terrain plus inattendu, c’est que le film recèle une étonnante mélancolie, presque un défaitisme quand il s’agit d’évoquer la bêtise de l’homme et sa cupidité. Peter doit quitter la forêt (et son enfance, donc), pour rejoindre le monde des adultes. Et il a beau être recueilli par Bryce Dallas Howard, on peut comprendre qu’il ne soit pas exactement enthousiasmé par cette perspective.

Sans être irregardable, on était quand même en droit d’en attendre plus de ce remake. Mais David Lowery ne transcende jamais ni son sujet ni sa mise en scène, et les limites du film sont trop évidentes pour qu’on arrive à réellement s’y attacher. Le casting est bon (en particulier les deux enfants), les apparitions de Redford font ressurgir en nous une certaine nostalgie ; mais à l’image de son dragon, fait de CGI, le résultat est tellement propret qu’il se révèle être très vite oubliable.

Peter et Elliott le Dragon, de David Lowery – Sortie le 17 août 2016



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