Critique : Pattaya

De temps en temps, dans l’univers impitoyable de la comédie française, certains tentent de tirer leur épingle du jeu et méritent qu’on jette un coup d’oeil à leur travail. D’autres préfèrent aligner les gros budgets pour se prendre des bides au box office, comme le montre cette impressionnante liste SensCritique.

Nous nous sommes intéressés à Pattaya, de Franck Gastambide, récemment vu dans le rôle d’un flic dans le très bon Made in France. En salles ce mercredi.

 

LA CRITIQUE

Franck Gastambide est un mec qui en veut et qui a tout fait pour réussir. Originaire de Melun, il se passionne pour les animaux et particulièrement les dressages de chiens dangereux. Il est contacté pour dresser des chiens sur le tournage des Rivières Pourpres. Il se lie d’amitié avec Kassovitz, qui le présente au collectif Kourtrajmé avec Kim Chapiron. Il décide par la suite de se lancer lui-même dans le court-métrage et crée la web-série Kaïra Shopping pour Canal +.
Fort de son succès, c’est donc sans étonnement qu’il réalise son premier long-métrage, Les Kaïras. Très drôle, ce premier film était une vraie réussite. Et plutôt que de se reposer sur ses lauriers et de réaliser une suite, Gastambide attendra 4 ans pour revenir derrière la caméra, avec Pattaya. 

Station balnéaire de Bangkok, Pattaya est principalement connue pour sa débauche. Franky et Krimo, deux jeunes originaires de Melun, passant la plupart de leur journée à glander devant leur tour décident d’inscrire le nain du quartier à un championnat du monde de boxe Thaï des Nains pour pouvoir partir là bas gratuitement et échapper à leurs vies nulles.

N’y allons pas par quatre chemins : le film de Gastambide est loin d’être à la hauteur des Kaïras. Film de potes, fait avec des potes, on a l’impression d’assister à un gros trip perso dont on ne fait jamais partie. On est devant un Very Bad Trip 2 version les Kaïras, et ce n’est pas pour rien si le long-métrage partage les mêmes défauts que le film de Todd Philipps. Les acteurs ont été embauchés pour ce qu’ils savent faire de mieux : Gad Elmaleh joue un Marocain avec accent, Ramzy fait du Ramzy, Fred Testot apparaît en commandant de bord etc. Seul le personnage de Gastambide sort du lot : fou amoureux d’une fille qui l’a plaqué, il travaille sa ressemblance avec Vin Diesel (il possède d’ailleurs un sacré paquet de marcel à l’effigie de notre Baboulinet préféré) et arrive à être régulièrement touchant et juste en gros nounours testostéroné un peu débile.
Les autres rôles du film, eux, tombent un peu à l’eau et ne sont uniquement là que pour des gags. Et des blagues il y en a. On vous disait un peu plus haut qu’on n’avait jamais l’impression de faire partie du film, il en est de même pour l’humour de bas étage, à base de citation de Patrick Bruel (Gad en fait beaucoup trop) et de blagues de caca (bon, on avoue, sur celle-là on a rigolé).
Le reste fait plutôt office de private joke.

Néanmoins, le film est honnête. Jamais l’équipe ne souhaite prendre son spectateur pour des cons et le côté « film de potes » est assumé du début à la fin. Il est aussi intéressant de voir où Gastambide s’inspire (les frères Farrelly, Very Bad Trip) et cela se ressent dans une mise en scène qui a le mérite d’essayer des chose. C’est tout de même agréable de voir un film qui ne ressemble pas à une énième comédie française filmée dans une maison de campagne.

L’histoire allant à 100 à l’heure, on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer. Il aurait simplement été intéressant d’avoir une histoire plus travaillée, un long-métrage ne pouvant pas se reposer uniquement sur son humour.

Pattaya, de Franck Gastambide – Sortie le 24 février 2016



2 commentaires pour “Critique : Pattaya”

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