Critique : Les Schtroumpfs et le Village Perdu

Sorti en avril dernier sur grand écran, la nouvelle aventure des Schtroumpfs débarque en DVD et blu-ray le 14 août prochain, juste à temps pour le jour férié suivant et quelques jours seulement avant la sortie de leur 35e histoire de papier intitulée « … et le Haricot Mauve ».

Pour la version française, la production a eu la bonne idée de faire appel à Gérard Hernandez qui a doublé le Grand Schtroumpfs dans la version animée pendant plusieurs centaines d’épisodes. En anglais, Mandy Patinkin (Homeland) et sa grosse voix qui s’y collent. Mais est ce que le film est schtroumpf ?

 

LA CRITIQUE

Les Schtroumpfs fêteront leurs 60 ans d’existence en 2018. Les petites créatures bleues créées par Peyo pour le Journal de Spirou sont devenus entre temps un phénomène planétaire dépassant le simple cadre de la bande dessinée et ce, grâce à la série animée produite par Hanna-Barbera de 1981 à 1989 pour un total de 427 (!) épisodes. En 2011, Sony tente un lancement sur grand écran avec un film hybride mettant en scène les créatures aux Etats Unis dans un univers contemporain. Le succès est au rendez-vous (563 millions de dollars de recette mondiale), une suite est naturellement tournée mais elle fonctionne moins bien. Prudent, et on l’espère conscient d’avoir trahi l’univers de Peyo, Sony a décidé de rebooter sa franchise et de confier Le Village Perdu à la branche animation.

Cette nouvelle version des Schtroumpfs, réalisée par Kelly Asbury à qui l’on devait le deuxième Shrek, revient aux origines. On retrouve les créatures dans un petit village forestier et le sorcier Gargamel qui veut absolument les capturer – non plus pour les bouffer parce qu’en 2017 ça peut effrayer le jeune public mais pour en récupérer l’essence magique, ce qui revient au même. Lors d’une énième évasion de chez le propriétaire d’Azrael, la Schtroumpfette va croiser le regard et le bonnet d’une créature qui lui fait penser à elle. Et elle va franchir un mur défendu pour plonger dans la forêt interdite en quête de ce qui pourrait bien être une autre fille.

Il faut dire qu’il était temps de sortir d’un univers entièrement peuplé de petits mecs et où le seul personnage féminin est à l’origine une création de Gargamel (ce qui est au passage très bien utilisé dans le film). Cette nouvelle version des Schtroumpfs se veut résolument moderne et offre donc à la Schtroumpfette le premier rôle, la faisant diriger un trio de garçons pour trouver un village qui se trouvera être un repaire de petites Amazones bleues. C’est évidemment la meilleure trouvaille d’un film qui se veut à la fois très fidèle à l’univers mis en place et plus contemporain, à travers quelques trouvailles visuelles – dont une coccinelle qui fait office de smartphone et des témoignages des Schtroumpfs face caméra comme dans les émissions de télé-réalité. L’ensemble se déroule manifestement au moyen-âge et les scénaristes du long-métrage ont repris plein d’éléments de la bande dessinée, comme le Cracoucasse, faisant désormais office de compagnon volant de Gargamel.

On est certes loin d’albums majestueux comme l’ont été Le Schtroumpfissime avec son message fort sur la dictature ou l’excellent Cosmoschtroumpf mais on retrouve dans le film une ambiance finalement assez proche de la série d’animation et une tonalité légère comme l’ont été bon nombre d’albums réalisés après le décès en 1992 de Peyo. Certains éléments de l’intrigue sont prévisibles, d’autres seulement des péripéties destinées aux plus jeunes qui ont envie de voir de l’action mais il y a quelques trouvailles -notamment la fin- qui sont surprenantes.

Visuellement, les équipes techniques de Sony Animation ont bien travaillé le passage à la 3D tout en conservant le trait de Peyo, réutilisant intelligemment des éléments de la bande dessinée et glissant quelques petites touches en animation traditionnelle (comme le faisait déjà Snoopy dans les productions récentes). Alors certes les animateurs ont bien révisé leur James Cameron Illustré pour toute une partie dans un univers bioluminescent dont on se serait bien passé mais le résultat final est bien plaisant.

Sans jamais être original, rappelant parfois les Trolls pour certains passages manifestement réalisés sous acide, les Schtroumpfs Et le Village Perdu est une jolie (nouvelle) entrée en matière dans l’univers de Peyo qui ravira les plus jeunes le temps d’un trajet vers les vacances ou lors d’un après-midi pluvieux. Si maintenant les scénaristes pouvaient nous offrir une véritable histoire bien médiévale comme le faisant Peyo au temps de Johan et Pirlouit, on n’en sortirait que ravi.

Les Schtroumpfs et le Village Perdu, de Kelly Asbury – Sortie le 5 avril 2017



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