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Critique : Jack Reacher


Encore un film dont il faut se méfier de la promotion.

Jack Reacher, le film réalisé par Christopher McQuarrie, connu surtout pour être l’un des scénariste de Bryan Singer (sur Usual Suspects et Valkyrie), arrive dans les salles ce 26 décembre. Et s’il n’est pas le blockbuster d’action qu’on pourrait croire qu’il est, il n’en mérite pas moins votre intérêt.
D’autant que le film sera sur les écrans le lendemain d’un Noël qu’on vous souhaite joyeux et pendant les vacances scolaires.

De quoi se remettre des festivités dans une salle obscure.

 

 

Il y a des genres de film qui vont et viennent avec le temps. En 2012, il devient difficile de voir un blockbuster d’action où l’on ne cherche pas désespérément à rendre le héros le plus « humain » possible et où le grand méchant n’est pas juste un savant fou voulant conquérir le monde mais un type super intelligent et charismatique qui a un plan bien huilé. Il devenait également difficile de voir un bon polar avec un vrai héros qui ne se prend pas la tête comme à la belle époque des films de Walter Hill.

Mais ça, c’était avant Jack Reacher.

Jack Reacher a été créé en 1997 par l’écrivain Lee Child et est l’objet de nombreux romans. Celui dont le film est tiré est le 8e de la série, One Shot, et la toute dernière aventure du personnage date du 11 septembre dernier. Héros sans attache, ancien enquêteur pour l’armée, particulièrement intelligent, doté d’une mémoire sensationnel et doué pour les déductions, Reacher est non seulement un ex-flic militaire de haut vol mais aussi un héros sans attache, voyageant anonynement d’une ville à l’autre.
Si c’est bien pratique pour Lee Child, on n’a aucun mal à imaginer que ça l’est aussi pour Tom Cruise -parfait dans le rôle- qui produit le film. L’acteur, 50 ans au compteur quand même, pourrait bien en faire une franchise pour succéder à Mission Impossible dont on commence à faire le tour, d’autant que le rôle est taillé pour qu’il s’amuse et que le film en a le potentiel.

Reacher arrive donc en héros dans une ville américaine où un sniper a fait des dégats. Capturé par la police, le tireur n’a que le temps d’écrire le nom du personnage de Cruise sur un bout de papier avant de plonger dans le coma. Jack va tenter de démêler la pelote, encouragé par une jolie avocate (Rosamund Pike, délicieuse).
Le spectateur biberonné au Justicier dans la Ville et à l’Arme Fatale va vite se retrouver en terrain connu : le film ne tourne qu’autour de son personnage principal, mais quel personnage ! Reacher, c’est un mélange entre Martin Riggs pour le coté rien à perdre et Sherlock Holmes pour l’intelligence. Alors le voir à l’œuvre dans une enquête tordue, être au dessus de la mêlée n’est qu’un petit moment de bonheur pour les amateurs de polar.

On prend donc beaucoup de plaisir à découvrir le héros, et à le voir progresser dans son enquête, entre longues scènes de dialogues, quelques rares scènes d’action et un lot de petites phrases bien senties. Mais Christopher McQuarrie n’a pas voulu que faire un film très classique dans sa forme, il a également choisi de s’emparer des codes pour mieux les démonter comme le montre une scène (visible dans la bande annonce) où Reacher annonce à cinq types venus le tabasser comment les choses vont se dérouler : il va d’abord dérouiller le chef, puis peut-être deux des plus téméraires et regarder fuir les deux autres qui ne demanderont pas leur reste. Alors pourquoi perdre son temps à se battre ?

Mais comme évoqué précédemment, Jack Reacher n’est pas un film d’action. C’est un polar parsemé de quelques scènes qui bougent, dont une excellente poursuite en voitures, et un final ultra classique de par le choix de son décor. Christopher McQuarrie, plus habité à l’écriture de scénarios ultra carrés comme celui-ci ou le Valkyrie de Bryan Singer qu’à la réalisation, livre un film très classique dans sa mise en scène mais maitrise parfaitement son storytelling pour que le spectateur ne décroche pas.
Malheureusement, comme beaucoup de films du genre à l’ancienne, Jack Reacher ne tourne qu’autour de son héros, même le personnage féminin ne sert au final pas à grand chose. La véritable raison de l’acte du sniper n’a que peu d’intérêt. Seul compte ici la manière de parvenir à la résolution de l’enquête, aux dépens des motivations du méchant de l’histoire.

Au final, Jack Reacher est un bon polar à l’ancienne comme on en a eu plein dans les années 90. Ca se regarde avec beaucoup de plaisir grâce à son héros charismatique et son enquête tordue et ça se reverra sans problème à l’occasion. Un pur moment de plaisir.

 

Jack Reacher – Sortie le 26 décembre 2012
Réalisé par Christopher McQuarrie
Avec Tom Cruise, Rosamund Pike, Robert Duvall
Un homme armé fait retentir six coups de feu. Cinq personnes sont tuées. Toutes les preuves accusent l’homme qui a été arrêté. Lors de son interrogatoire, le suspect ne prononce qu’une phrase : « Trouvez Jack Reacher. » Commence alors une haletante course pour découvrir la vérité, qui va conduire Jack Reacher à affronter un ennemi inattendu mais redoutable, qui garde un lourd secret.

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1 commentaire pour “Critique : Jack Reacher”

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