Critique : Independence Day Resurgence

Voici l’un des gros blockbusters des vacances d’été. Roland Emmerich revient avec la suite d’Independence Day. Et le film aura fort à faire en terme de concurrence puisqu’il sort face au Bon Gros Géant de ce cher Steven Spielberg. Il devra d’ailleurs faire son trou rapidement en matière de box office puisque Suicide Squad l’attend au coin de la rue.

Mais que valent les aliens du réalisateur de Stargate ? Est-on encore un peu en 1996 ?

 

LA CRITIQUE

En 1996, auréolé du succès de Stargate, Roland Emmerich sortait Independence Day. La pop culture de l’époque se passionnait alors pour les extra-terrestres, notamment à travers X-Files puis Mars Attacks de Tim Burton. Le film avait fait parlé de lui pour différents aspects, de son patriotisme exacerbé incarné par le discours de Bill Pullman à ses scènes de destruction impressionnantes pour l’époque – et tenant d’ailleurs toujours la route, les maquettes ne vieillissant pas. Grâce à sa galerie de personnages, à ses dialogues et quelques plans impressionnants pour l’époque, Independence Day s’est révélé être un blockbuster décérébré mais de qualité, sorte de gros plaisir coupable qu’on revoit avec plaisir dès qu’il est diffusable.

Après l’incroyable débâcle financière qu’a été son précédent long-métrage, StoneWall (12 millions de budget pour 187 000 dollars de recette !), le réalisateur de 2012 était bien obligé de revenir à ce qui a fait son succès. Mais sans pour autant retrouver son mojo d’autant…

L’histoire de Resurgence se déroule vingt ans après les faits du premier volet. Le monde a changé, la paix est globale, l’humanité ayant tiré des leçons de la première invasion. Les technologies ont également fait un bond en avant, grâce à ce que les aliens ont laissé. Une base a été installée sur la lune et le voyage vers le satellite de la Terre se fait à une vitesse jamais vue jusque là. La suite, vous pouvez l’imaginer, ou presque : les Terriens activent leur système de défense face à un premier vaisseau, sorte de boule rappelant le Titan de Titan A.E qui est récupérée pour être étudiée, pour ensuite devoir faire face à une nouvelle attaque, plus grande encore, des extra-terrestres du film précédent. Pour tenter de la stopper, on retrouve en vrac l’ancien Président qui a du mal à se remettre d’avoir été physiquement en contact avec un petit homme vert et qui entend des voix, sa fille pilote, le fils de Will Smith devant supporter l’héritage de son père et également pilote, Jeff Goldblum toujours présent, Liam Hemsworth jeune pilote (encore) fringant et Charlotte Gainsbourg (si si), la scientifique française de service.

Ce qui surprend assez vite en découvrant ce nouveau film, c’est le ton utilisé. Là où Independence Day était résolument cool, sa suite est particulière sérieuse. Peu d’humour, ou pas drôle, de nouveaux personnages avec le moins de caractérisation possible (mention particulière à Liam Hemsworth, sans intérêt), de longs tunnels dialogues et pas vraiment de pause dans le récit pour se détendre. C’est d’ailleurs le premier gros problème du métrage : tout le monde a besoin de respirer un grand coup et de se détendre. Si ID4 était le mètre étalon du blockbuster idiot des 90s, Resurgence tente d’être celui des années 2010 avec une volonté ratée d’être sombre et sérieuse comme d’autres avant lui.

Il faut ajouter à cela une nouvelle menace qui peine à être crédible. Ici, un vaisseau de la taille de l’océan Atlantique (!) fore un trou dans la croute terrestre, ce qui n’est pas cool mais fait fondamentalement moins flipper que la destruction de l’Empire State Building. D’ailleurs, contrairement à son prédécesseur, Resurgence met vite de coté l’aspect destruction pour se focaliser sur la lutte entre l’armée et la menace extra-terrestre, en profitant au passage pour montrer le moins possible des villes devenues ultra-modernes. ID4 était un vrai film catastrophe quand celui-ci ressemble à de la science-fiction pure, sorte de Starship Troopers au premier degré.

Pourtant, tout n’est pas à jeter. Le dernier acte est particulièrement généreux en action et les équipes chargées des effets spéciaux font un boulot remarquable, tout comme Emmerich en terme de mise en scène. C’est rythmé, divertissant et bien foutu. Il faut dire que le film est aidé par les anciens personnages, qui restent intéressant par leur évolution mais surtout grâce au premier film qui apporte ici un background intéressant. Bill Pullman en particulier prend un plaisir manifeste en s’offrant un ultime ride.

La porte ouverte à la fin du film laissant présager un troisième volet ouvert sur le space opera laisse songeur. Il faudra mieux travailler l’écriture pour le prochain volet si Roland Emmerich veut encore nous intéresser à son univers.

Independence Day Resurgence, de Roland Emmerich – Sortie le 20 juillet 2016



1 commentaire pour “Critique : Independence Day Resurgence”

Laissez un commentaire :

  © CloneWeb - 2002-
RSS Actus | RSS Commentaires | RSS Forum | Netvibes | Wikio | iGoogle | MyYahoo
Reproduction, même partielle, interdite sans l'accord de l'auteur
Les différents produits cités ou utilisés sont la propriété de leurs auteurs respectifs.
Site propulsé par Wordpress - Design du thème : CloneWeb - Logo et plein de trucs biens par Ol-Design
56 requêtes. 0,635 secondes.