Critique : Everybody wants some !!

Les salles ce mercredi sont envahies par le Chasseur de Blanche Neige face à la Reine des Neig… euh des Glaces.

Mais en face, plus discrètement, Richard Linklater fait son trou deux ans à peine après le fameux Boyhood avec Everybody Wants Some. Pour l’occasion, le réalisateur réunit quelques exemples de la jeune génération : Blake Jenner (Glee, et Monsieur Melissa Benoist à la ville), Ryan Guzman (Heroes Reborn), Tyler Hoechlin (Teen Wolf) ou encore Zoey Deutch (Ringer).

 

LA CRITIQUE

Après l’incroyable défi que fut son dernier Boyhood, le cinéaste Richard Linklater poursuit en quelque sorte celui-ci aussi bien d’une manière inattendue qu’il s’en occupe dans ce qu’il sait faire le mieux. Rares sont ou ont été les cinéastes américains à savoir filmer le quotidien et l’avoir rendu attrayant au spectateur. Dans ce cinéma du bigger than life constamment vendu par Hollywood, des réalisateurs plus discrets comme Richard Linklater ont su tirer leur épingle du jeu en nous contant des histoires simples aux personnages humbles, mais dont les motivations et les enjeux n’en sont pas moins importants que de sauver le monde ou l’humanité.

C’est tout en décalage que le cinéaste nous renvoie en septembre 1980, exactement deux jours avant la rentrée des classes. Les cartons nous le rappelleront cruellement avec un compte à rebours fatidique jusqu’à la première sonnerie des cours. Vu dans les séries Glee et Supergirl, Blake Jenner tient le premier rôle et son premier rôle sur le grand écran. Il incarne Jake, un bon ado sous tous rapports qui débarque sur le campus et va s’installer dans une maison où réside ses futurs coéquipiers de baseball. Sa mission ? Ce n’est pas vraiment le baseball ou les études qui le motivent de prime abord, lorsqu’on le voit circuler dans sa voiture dont le pare-brise lui laisse seulement entrevoir belles courbes d’attirantes jeunes piétonnes. Everybody Wants Some!!, tout le monde en veut, on ne pourrait être plus explicite.

Cependant, son dernier long-métrage n’est pas à prendre comme n’importe quel autre. Dans celui-ci, Richard Linklater y a posé formellement un regard autobiographique. Lui-même avait vingt ans à cette époque de son entrée à la Sam Houston State University pour y jouer — on vous le donne en mille — du baseball. La ressemblance entre Jake et le réalisateur sera d’ailleurs assez frappante. On pourra alors reprocher au film d’être un peu trop masculin, se concentrant uniquement sur le sort des garçons. Ainsi, sa découverte de l’habitation de la fraternité des joueurs est follement riche de détails surréalistes. Chaque membre est un personnage caricatural, allant d’athlète ringard qui s’entraîne plus que de raison à celui complètement défoncé à Pink Floyd et à la marijuana. Que faire à peine arrivé, sachant que, dans moins de deux jours, les cours reprennent ? Eh bien, aller boire des bières entre potes et aller draguer les nouvelles arrivantes en n’ayant que l’humour comme seule arme de séduction.

Sans doute est-ce une vision idéalisée de sa propre adolescence que nous offre Richard Linklater tant tout semble émerveillant. Ajoutez à cela un très bon casting de jeunes prometteurs avec une bande son d’enfer, allant de The Knack à Devo, et vous aurez ce cocktail lumineux et coloré qu’est Everybody Wants Some!! Car si les garçons ne font que courir après les filles, ils oublient ne feront qu’enfreindre en 48 heures toutes les règles qui leur ont été imposées. Ceux-là doivent se préparer à l’entrainement qui aura lieu le premier jour et pas de filles, et pas d’alcool, et pas de drogues… Ces conditions posées seront toutes enfreintes les unes après les autres. Linklater nous montre cela comme un cycle naturel par lequel les adultes qui leur imposent ces règles sont déjà passés. Et cela sera nécessaire. On sait qu’aucune ne sera respectée, mais il ne s’agit pas simplement d’une question de désobéissance pour nos héros.

À chaque fois que l’une de ses règles est brisée, il y a une conséquence, parfois positive comme négative. Les fêtes, la drogue, l’alcool, les concerts… Tout y passe, mais jamais de façon trop dépressive. Everybody Wants Some!! est un film heureux où il fait bon vivre, loin des tracas du reste du monde. Le cinéaste nous présente toutes ces règles logiques établies comme autant d’obstacles à franchir pour ces jeunes hommes en chaleur afin qu’ils gagnent en maturité et s’épanouissent enfin en tant que jeunes adultes. On profite, on se cherche, on se trouve parfois. Si tous ces gars se ressemblaient à leur première rencontre, en ne voulant qu’une seule chose, chacun aura une façon bien à lui d’aborder l’année scolaire qui s’annonce, accompagné ou non d’une charmante jeune fille à ses côtés.

Everybody wants some, de Richard Linklater – Sortie le 20 avril 2016.



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