Critique : Comancheria

Chris Pine a le vent en poupe.

Toujours à l’affiche du fortement sympathique Star Trek Sans Limites, le comédien le sera aussi le 7 septembre prochain dans Comancheria du britannique David Mackenzie et d’après une histoire de Taylor Sheridan qui avait signé le scénario de Sicario. Et face à lui, rien de moins que Jeff Bridges…

 

LA CRITIQUE

« They destroyed our families, factories
And they took our homes
They left our bodies on the plains
The vultures picked our bones
 »

– Bruce Springsteen, Death to my Hometown

 

Comancheria. Derrière ce titre un peu étrange et très éloigné de l’original (Hell or High Water) se cache le nouveau film du réalisateur britannique David Mackenzie, lui qui nous avait surpris en 2013 avec l’excellent film de prison Des Poings contre les Murs et qui avait révélé au grand public Jack O’Connell, vu depuis face à George Clooney dans Money Monster.

Au Texas, deux frères se lancent dans une série de braquages de banques sans pour autant maitriser leur sujet et dans le seul but d’éponger des dettes. Dans cette région désertique où les établissements bancaires des petites villes se comptent sur les doigts de la main, ils vont se faire traquer par deux marshalls dont l’un est proche de la retraite.

Le pitch pourrait ressembler à un bon vieux western poussérieux, avec ses chevaux, ses fusillades au milieu des canyons et ses saloons. On n’est pas loin du compte. Pourtant, Comancheria se déroule au 21e siècle. Et si la technologie a fait un bon en avant, si les braqueurs ont des voitures et des automatiques et si les marshalls communiquent avec des portables, on n’est pas loin d’une histoire se déroulant fin 19e siècle. Finalement, dans cette région de l’ouest américain, les choses n’ont pas vraiment changé en 150 ans. Il est toujours question d’argent, de banques et de flingues. La différence, c’est qu’en 1880, les banques servaient surtout à garder votre argent dans leurs coffres. Aujourd’hui, elles ont plumé de nombreux particuliers avec des emprunts douteux et un système qui a fini par se crasher en laissant des familles sur le carreau.

Les deux braqueurs vont donc chercher à voler ceux qui les ont volé, en quelque sort à récupérer leur argent et pour en faire quelque chose de bien. Difficile donc de les voir comme les méchants de l’histoire mais bien comme les victimes d’un système qui n’ont plus d’autre choix. Face à eux un sympathique duo de flics qui se contente de faire son taf et qu’on ne peut pas non plus détester. De fait, Comancheria fait partie de ses bons films où il est difficile de choisir son camps, où les lignes sont brouillées et où il n’y a pas de gentil et de méchant.

Qui plus est, les acteurs sont vraiment bons. Jeff Bridges est fidèle à lui-même mais la palme revient sans doute à Chris Pine qui, à défaut de commander l’Enterprise, signe ici ce qui est sans doute son meilleur rôle. Il joue finement, et avec une justesse rare pour le comédien. Quand à David Mackenzie, il s’approprie le Texas comme s’il y avait toujours vécu.

Porté par une incroyable bande originale signée Warren Ellis et Nick Cave, excusez du peu, Comancheria s’impose comme une belle réussite, une histoire dense, portée par des acteurs charismatiques et une équipe technique qui se donne à fond. Sans aucun doute la belle surprise de la rentrée.

Comancheria, de David Mackenzie – En salles le 7 septembre 2016



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