Critique : Célibataire Mode d’Emploi

On a arrêté de compter tous les films dont le titre français porte la mention « Mode d’Emploi » quand le distributeur local ne sait pas vraiment comment traduire (et vendre) son sujet. Notez que ça marche aussi avec le mot « Therapy ».

Quoiqu’il en soit, How To Be Single, de Christian Ditter avec Dakota Johnson, Rebel Wilson et Leslie Mann est sorti ce mercredi dans les salles.

 

LA CRITIQUE

Ah le célibat, ce mot synonyme dans notre société actuelle de solitude, de tristesse… Car rien ne vaut la vie à deux et ce n’est certainement pas le cinéma qui va nous aider à penser le contraire. Alors forcément, quand un film nous propose d’apprendre à être un(e) bon(ne) célibataire, il y a de quoi être intrigué. Ou pas, surtout quand on sait que c’est le réalisateur du médiocre « Love, Rosie » avec Lily Collins et Sam Claflin qui s’y colle.

Concrètement, si suivre l’évolution d’une jeune femme qui change d’avis tous les quarts d’heure sur son célibat vous plait, alors « Célibataire Mode d’Emploi », adaptation d’un best-seller paru il y a bientôt dix ans (ceci explique peut-être cela ?) est fait pour vous. Se voulant moderne, le film propose au final une compilation de clichés effarants, proches d’un sexisme que l’on pensait révolu (attention les filles, les poils, c’est beurk !). Le propos est au final totalement incohérent, oscillant entre « c’est très bien d’être seule dans la vie » et « mais bon, si vous avez quelqu’un, c’est très bien aussi ! ». Merci Captain Obvious.

Outre la stupidité du propos, la médiocrité du casting ne fait rien pour arranger la catastrophe. Dakota Johnson ne change pas son jeu d’un iota par rapport à 50 Shades of Grey et la pauvre semble totalement perdue. En même temps, face à elle, on retrouve Rebel Wilson dans le même stéréotype de la fêtarde au fort caractère. Il serait peut-être temps qu’Hollywood lui donne quelque chose de plus consistant à jouer. Les grands gagnants dans tout ça, c’est le couple Leslie Mann/Jake Lacy, mignon à souhait et incarnant finalement une vraie modernité, entre ses envies de bébé toute seule et leur différence d’âge très vite assumée. Le reste est une compilation de personnages clichés, sans profondeur, comme celui d’Alison Brie, coupée du reste des personnages et à qui on inflige la storyline la plus inutile du film, malgré sa conclusion étonnante et amère. Un vrai gâchis.

Le plus gênant étant que ces péripéties ne nous arrachent aucun sourire, aucun intérêt. Là où le film sonne juste en fin de compte, c’est dans sa description des liens familiaux, offrant un petit moment d’émotion entre un veuf et sa petite fille par exemple. Mais c’est peu et la mise en scène d’une platitude aussi énorme que le nombre de shots que s’enfile Rebel Wilson dans le film achève de faire de cette rom-com un ratage complet.

Cliché à souhait, long et pas franchement drôle, Célibataire Mode d’Emploi est le mode d’emploi de tout ce qu’il ne faut pas faire dans une comédie romantique. Quitte à revoir un film choral sur le sujet, au moins, Love Actually remplit parfaitement son contrat.



2 commentaires pour “Critique : Célibataire Mode d’Emploi”

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