Critique : Brooklyn

Ce dimanche se tiendra la cérémonie annuelle des Oscars. Si The Revenant et Mad Max sont parmi les favoris, de petits outsiders pourraient bien repartir avec des statuettes dorées.

Ca pourrait notamment être le cas de Brooklyn, nommé dans les catégories Meilleure Actrice pour Saoirse Ronan, Meilleur Film et Meilleur Scénario Adapté, et qui sortira en salles mercredi 9 mars.

 

LA CRITIQUE

Le quartier de Brooklyn, à New York, est depuis la fin du 18e siècle le lieu de refuge des Irlandais ayant traversé l’Atlantique en quête d’un monde meilleur. Dans les années 1950, plus de 50 000 migrants ont quitté leur Irlande natale pour le rêve américaine. Ce fut notamment le cas du personnage d’Ellis, créé par Colm Tóibín dans son roman paru en 2009, et incarné à l’écran par l’exceptionnelle Saoirse Ronan.

Brooklyn raconte donc l’histoire d’une jeune fille irlandaise sans emploi qui quitte son village pour tenter sa chance à New York, à une époque où la situation économique locale ne lui aurait pas permis de trouver du travail. Arrivée de l’autre coté de l’Atlantique, elle va découvrir les us et coutumes de la communauté irlandaise locale et surtout faire la connaissance d’une jeune Italien. Mais des circonstances dramatiques l’obligeront à rentrer au pays. Là bas, elle va rencontrer quelqu’un d’autre et se retrouvée partagée entre deux hommes et deux cultures.

Brooklyn commence bien piteusement. La mauvaise incrustation sur fond vert lors de la traversée en bateau et quelques affreuses scènes de comédie font qu’on se demande rapidement où l’on est. Il faudra tout le charme et le talent de la comédienne principale, bluffante, pour se laisser prendre au jeu. Saoirse Ronan livre une prestation incroyable, montrant qu’elle peut tout aussi bien jouer la jeune fille naïve du début de l’histoire que la femme qui a grandi par la suite.

Passé ce démarrage, le film se révèle vite intéressant grâce à sa galerie de personnages et à la minutie de la reconstitution de l’époque. Comme l’explique le Time, le film est particulièrement juste en terme d’historicité que ça soit en dépeignant le pouvoir des femmes irlandaises de l’époque (qui parlaient l’Anglais, ce qui n’était pas toujours le cas des hommes parfois cantonnés au gaélique) ou dans l’organisation de la société de l’époque (comme le fait qu’Ellis rencontre son futur compagnon à une soirée dansante organisée par la paroisse). Les seconds rôles sont très bons, parfois drôles, parfois émouvants et l’histoire de ce jeune couple sera dépeinte de manière particulièrement juste, entre naïveté et envie de grandir ensemble.

La réalisation de John Crowley est sobre mais suffisante pour conter l’histoire adaptée par Nick Hornby. Le second acte, lui, est plus dramatique parce que le second potentiel compagnon d’Ellis, une fois qu’elle est de retour en Irlande, se trouve être moins intéressant. Leur histoire est moins jolie que la précédente, sûrement à cause du fait que c’est une jeune femme changée qui revient au pays et peut-être aussi parce que le réalisateur prend parti, ne laissant pas vraiment le choix au spectateur de trouver son camps.

Brooklyn avait de faux airs d’une comédie romantique banale. Mais le film cache en réalité un véritable bijou, beau et touchant, qui mériterait de repartir avec une statuette.

Brooklyn, de John Crowley – en salles le 9 mars 2016



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