Keep Calm and Watch Old Movies : Avril

La période des blockbusters printaniers et estivaux pointe doucement le bout de son nez et celle des festivals n’est pas loin.

L’actualité va donc être monopolisée par ces deux sujets mastodontes. Pourtant, de vieux classiques parfois cultes résistent encore et toujours à l’envahisseur et remplissent les salles. Voici ce qu’il faut retenir pour ce mois d’avril.

Trois cinéastes importants sont mis à l’honneur des distributeurs ciné en ce mois d’avril 2016, de quoi rassasier votre soif de découverte des joyaux du patrimoine du 7ème Art ! Tout d’abord, commençons du côté de la France avec un cinéaste pas assez reconnu du cinéma classique français, Julien Duvivier ; un metteur en scène auteur d’une grande œuvre couvrant les années 1920-1970, alliant pessimisme et noirceur, mais capable d’attirer également le grand public, comme en témoigne le succès du PETIT MONDE DE DON CAMILLO.

4 longs-métrages vous sont proposés lors de cette mini-rétrospective : tout d’abord, depuis le 30 mars dernier, PANIQUE, adaptation du roman « Les Fiançailles de Monsieur Hire » de Georges Simenon, interprété par Michel Simon, histoire d’un homme bizarre soupçonné d’un crime.
Dès le 20 avril, LA FIN DU JOUR, avec Louis Jouvet et Michel Simon, drame sur L’abbaye de Saint-Jean-la-Rivière qui menace de fermer ses portes, ce qui serait une véritable catastrophe pour ses pensionnaires, tous de vieux comédiens sans ressource.

Et enfin, gardons le meilleur pour la fin : dès le 06 avril, LA BELLE EQUIPE avec Jean Gabin et Charles Vanel, l’histoire de cinq ouvriers chômeurs parisiens gagnant le gros lot à la loterie et décidant d’ouvrir une guinguette parisienne ; film longtemps invisible dans sa scène finale voulue par Duvivier puisqu’un climax fut imposé par la production et depuis, le film était bloqué pour des raisons de désaccord entre ayant-droits et héritiers de Duvivier. Enfin, dès le 13 avril, autre grand film : VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS, avec Jean Gabin et Danièle Delorme, grand film noir français et quintessence du style pessimiste et sans concession de Duvivier.

Partons cette fois du côté du cinéma classique américain avec trois œuvres de Joseph L. Mankiewicz, réalisateur célèbre pour ses longs-métrages de divers genres (comédie musicale, péplum, film noir, western…), où les personnages et leurs interactions et conversations priment généralement sur l’action.
Vous pourrez revoir dès le 06 avril sa célèbre adaptation de SOUDAIN L’ETE DERNIER, avec Elizabeth Taylor et Montgomery Clift, pièce de théâtre de Tennessee Williams dans laquelle un docteur spécialisé dans la lobotomie accepte de pratiquer une opération de ce type sur Catherine Holly, nièce d’une riche veuve et internée depuis un décès mystérieux d’un proche, en échange du financement d’un hôpital public.
Dès le 20 avril, ressort en salles la comédie GUÊPIER POUR TROIS ABEILLES, dernier film scénarisé par Mankiewicz, dans lequel le richissime William Fox fait venir dans son palais vénitien trois anciennes maîtresses, en leur faisant miroiter qu’il est mourant et pourrait léguer sa fortune à l’une d’entre elles.

Enfin, dès le 27 avril, LE film de tous les superlatifs (moyens énormes, distribution de têtes d’affiches, caprices de stars, multiples reconstructions de décors, projet de cinq ans et tournage étalé sur deux ans, interrompu de nombreuses fois), de tous les records, et malheureusement le film qui faillit couler la Fox : CLEOPÂTRE, fastueuse reconstitution de la vie de la reine d’Egypte ; une fresque monumentale de 4 heures, présentée dans une copie restaurée.

Enfin, sont présentés deux célèbres films parmi l’oeuvre immense de John Ford, immense cinéaste américain que je ne vous ferai pas l’occasion de vous présenter tellement il est souvent évoqué en cette rubrique. Eh non ! Ce ne sont pas des westerns !
Dès le 20 avril, LES RAISINS DE LA COLERE, adapté du célèbre roman de John Steinbeck, drame poignant racontant l’histoire de la famille Joad, lors de la Grande Dépression et partant vers la Californie en quête d’une vie meilleure, alors que le fils Tom sort de 4 ans de prison pour homicide involontaire.
Enfin, dès le 27 avril, un grand mélodrame, QU’ELLE ETAIT VERTE MA VALLEE ; la vie des mineurs du Pays de Galles à travers une famille profondément unie sous l’autorité du patriarche et par le biais du regard d’un enfant : les joies, les affrontements, les renoncements, les sacrifices, la grève, les accidents de la mine, l’émigration… Le dernier film de John Ford avant d’être appelé à filmer le théâtre des combats de la Seconde Guerre Mondiale de 1942 à 1945.

Petit topo sur plusieurs autres ressorties à ne pas rater ce mois-ci :

Humphrey Bogart dans un de ses rares rôles comiques, la toujours craquante Audrey Hepburn, devant la caméra de Billy Wilder : l’occasion vous est donnée de revoir en copie restaurée depuis le 30 mars l’une des plus connues des comédies romantiques du réalisateur américain, SABRINA ; soit Dans une fastueuse résidence de Long Island, la délicieuse fille du chauffeur, Sabrina, est amoureuse de David, le fils de famille insouciant, qui ne la remarque même pas. A noter que le long-métrage fit l’objet d’un remake en 1995, mis en scène par Sydney Pollack et interprété par Harrison Ford et Julia Ormond.

Depuis le 6 avril, est proposé en salles le dernier grand film épique de l’immense cinéaste Akira Kurosawa, RAN ; adaptation libre du Roi Lear de Shakespeare, le long-métrage narre dans le Japon du XVIe siècle, l’histoire du seigneur Hidetora Ichimonji décidant de se retirer et de partager son domaine entre ses trois fils, Taro, Jiro et Saburo, répartition qui va être à l’origine du déchirement de la famille. Entièrement story-boardé, un immense chef-d’oeuvre de 2h40 et l’un des plus beaux films du cinéaste japonais.

« Let’s do the time warp again ! » Si cet hymne euphorique ne vous est pas inconnu, alors, inutile de vous présenter l’un des films les plus extravagants et les plus cultes du 7ème Art, de nouveau en salles dès le 13 avril: THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW, comédie musicale totalement délirante dans laquelle un jeune couplle fraîchement fiancé tombe en panné aux abords d’un mystérieux château et ses occupants tous plus excentriques que jamais ! Pétri d’influences à la science-fiction et la contre-culture en général, un film délirant et saugrenu qui n’a pas pris une ride !

Dès le 20 avril, autre film culte que l’on ne présente plus et ayant subi un affreux remake de Tim Burton en 2001, LA PLANETE DES SINGES, adaptation du roman de Pierre Boulle par Franklin J. Schaffner ; un des joyaux de la SF des années 1960 dans lequel Charlton Heston se retrouve après un voyage dans l’espace-temps en l’an 3978 sur une planète inconnue peuplés de singes très évolués. Un long-métrage à ne pas rater, au climax absolument inoubliable…

Enfin, road-movie, contestation 70’s et atmosphère hippie dès le 27 avril avec POINT LIMITE ZERO alias VANISHINT POINT de Richard C. Sarafian, film culte à petit budget typique de la période dans lequel un ex-flic vétéran du Viet-Nam, Kowalski, également champion de stock-car, parie qu’il ralliera Denver à San Francisco en moins de 15 heures, l’occasion d’affronter les policiers et le pouvoir en place.

 

Blu-ray & DVD :

Du côté du DVD et du Blu-ray, plusieurs très belles sorties avec tout d’abord chez Wild Side LENNY, biopic du célèbre et insolent humoriste des sixties par Bob Fosse avec Dustin Hoffman, dans une édition BR + DVD + livre de 200 pages.
Deux éditions BR + DVD + livre également pour deux films de Kurosawa, le maître du cinéma nippon : VIVRE et VIVRE DANS LA PEUR. Un maître également à l’honneur chez Studio Canal via la réédition en Blu Ray dans sa version restaurée 4K du chef-d’oeuvre RAN dont nous parlions plus haut.
A signaler, M LE MAUDIT vu et corrigé par Joseph Losey en BR et DVD chez Sidonis, le méconnu LA TAVERNE DE LA JAMAÏQUE d’Hitchcock en BR chez Carlotta, un long-métrage réalisé par Michel Audiard en BR par Gaumont et le néo-réaliste Rossellini chez Rimini avec ALLEMAGNE ANNEE ZERO.
Enfin, pour les amateurs de bis italiens, Artus Films est toujours dans le coup avec en DVD L’ANTECHRIST d’Alberto De Martino, surfant sur le succès de L’EXORCISTE, et le bigarré western MATALO ; ainsi que du film de monstres 50’s avec LA REVANCHE DE LA CREATURE de Jack Arnold en Blu-Ray. Bref, il y en a pour tous les goûts !

 

Rétrospectives :

La nouvelle rétrospective de la Cinémathèque Française à un célèbre acteur des années 1970-1980, ayant composé un personnage lunaire, gaffeur invétéré : il s’agit bien sûr de Pierre Richard, immortalisé entre autres devant la caméra de Francis Veber avec LA CHEVRE, LES COMPERES et LES FUGITIFS où il forme un duo inoubliable avec Gérard Depardieu. L’occasion également de voir ou revoir d’autres classiques de la comédie française tels LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE, LE DISTRAIT, ou même le méconnu LES NAUFRAGES DE L’ÎLE DE LA TORTUE de Jacques Rozier. Tout cela se déroule du 6 au 27 avril, et le programme est ici : http://www.cinematheque.fr/cycle/pierre-richard-314.html

Enfin, on en parlera à mon avis vu la qualité constante de la programmation, mais le cinéma Les Fauvettes preopose de nouveau un chouette cycle, consacré cette fois à Roman Polanski, célèbre réalisateur de REPULSION, LE BAL DES VAMPIRES, ROSEMARY’S BABY, CHINATOWN, ou bien LE PIANISTE. Tous ces films (et un peu plus) sont à revoir dans ce multiplexe consacré à la mémoire du cinéma, et les infos sont ici : http://www.cinemalesfauvettes.com/cycle/il-etait-une-fois-roman-polanski.html



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